midi et cinq

Le mieux, l'idéal, j'imagine, serait qu'elle soit vraiment trop maigre et moche ou trop grosse et moche, terriblement moche, mais que lui, il la trouve belle.

Cela dit, je ferais miex de me mêler de mes propres affaires. Constat : c'est mercredi et je travaille. Hier, c'était mardi et j'ai travaillé. Demain ça va être jeudi et je travaillerai. Ce midi, je viens manger à la maison pour conjuguer le verbe travailler sur le web. De plus en plus génial. Vivement vendredi que je fasse fiou.

En rentrant tout à l'heure, j'ai sauvé un petit chien. Il était en train de se faire ramasser par une employée de Poste Canada qui se proposait de le porter à la SPCA parce qu'elle le voyait se promener dans la ruelle depuis 10 heures du matin (il était juste midi). Un peu zélée, je trouve. J'ai dit que je le connaissais (c'est vrai, mais je sais pas son nom) et elle l'a laissé filer. Pauv'tit chien. Il était joliment content quand elle lui a ouvert la porte de son camion rouge et blanc barbouillé de feuilles d'érables.

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16 heures

Enfin à la maison. J'ai envie d'une bonne sieste voluptueuse. Je tire les rideaux de velours bleu, ça cache un peu le gros soleil qui entre dans ma chambre comme un voleur, mais pas complètement. Je ferme les yeux mais je vois le soleil au travers. J'essaie de me détendre, ça marche pas. J'étire mes bras et mes jambes, ça marche pas. Je cherche son image. J'imagine son regard. Je vois rien.

Je l'image-in de l'intérieur. Tout se passe à l'intérieur. En dedans de moi, je lui parle tout le temps. Je dis : raconte-moi une chanson, chante-moi une histoire. Il raconte. Il chante. Il rit. Et ça me rend heureuse.

C'est bien pour ça que je ne peux pas dormir. Alors je me lève et j'écris. Ça soulage un peu la tension.