Love and writing project [le rêve]

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Samedi matin à l'aube : le rêve de Script qui grimpe dans des rideaux rouges.

Dans le rêve, je prends des cours de cirque et j'apprends à grimper très haut sur de longs rubans comme des rideaux.

La plus grande discordance entre l'idée et la réalité est le temps, le déroulement du temps comme durée. La plus profonde, la plus humiliante impuissance de la subjectivité à faire ses propres preuves se manifeste moins par le vain combat mené contre des structures sociales privées d'idées et les hommes qui les représentent, que dans le fait qu'elle est sans force devant le cours inerte et continu de la durée ; qu'elle se trouve lentement mais incessamment refoulée des sommets où elle s'était péniblement hissée ; que cette réalité insaisissable au mouvement invisible la dépouille progressivement de tout ce qu'elle possédait et lui impose des contenus étrangers à son insu. Et c'est pourquoi le roman, qui est la seule forme correspondant à l'errance transcendantale de l'idée, est aussi la seule forme qui, parmi ses principes constituants, fasse place au temps réel, à la durée bergsonnienne.

Ces mots sont de Georg Lukács, in La théorie du roman (Denöel, 1968)

Et ce rêve ? Le voilà. Je suis allée dans le Vieux Port. Il fallait passer à droite du quai Jacques-Cartier et entrer dans le pavillon Jacques-Cartier [pas très original, mais vrai]. Arrivée là, ils m'ont fait compléter quelques formulaires, puis j'ai payé les cours et après ils m'ont fait monter sur le rideau rouge retenu par un gros crochet à poulie. [On me connaît, j'ai dit : c'est-tu solide au moins, ce bidule-là ?]

Je suis pas tombée une seule fois, je me suis pas broyé les os. Seulement quelques éraflures comme des brûlures, là où le glissement de l'étoffe sur la peau arrache la couche cornée, celle en surface avec les petits poils blonds si fins.

Après quelques heures d'acrobaties à grimper et balancer dans les airs sur les rideaux rouges, oranges et verts, j'avais les muscles comme de la confiture de pétales de roses et je me suis réveillée.

Je ne m'assommerai pas contre le mur de silence de ce sale type, me dis-je en me réveillant. Je ne me taperai pas la tête sur le mur de l'aéroport comme l'homme dans Cosmétique de l'ennemi, d'Amélie Nothomb. Blurp. Juste à cause des css et du html tout croches qui fonctionnent pas sur Les Carnet rouges ? Ben voyons !

J'écrirai ce livre, pensais-je, et je continuerai de publier Les Carnets, dussé-je vendre ma dernière chemise.