Un matin de février je me lève très tôt. À cette heure, si je soustrais les six heures de décalage, c'est la pleine nuit. J'ai un peu le vertige. Je me lève, très tôt, je prends une douche.

Ainsi, me disais-je, il peut faire nuit et faire jour en même temps.

Un matin je sors avant le jour et je marche dans des rues étroites. Il y a des bouts de tapis roses, gris ou beiges enroulés le long des trottoirs. Elle l'a remarqué. Il fait gris et rose et elle apparaît d'un seul coup dans son manteau couleur prune.

Un dimanche, à cinq heures de l'après-midi, je fais la sieste. Je pense aux rues désertes avec l'eau qui inonde les petits tapis enroulés. Le soleil entre par toutes les fenêtres de la maison. Le puits de lumière se noie sous les rayons jaune gris rose couleur vin des sables. Je me demande ce que je fais. Je fais soleil. Je fais rien. Je la vois boire son thé à petites gorgées.

Lundi, à huit heures du matin. Le temps est gris. Le chat dort sur le tapis rose et gris. Elle écrit « il est tard, je pense à toi ». La musique. La cuisine. Le café. Poser ma joue sur un coussin.