35. j'en mettrai quelques couches qui plairont à tire-larigot

fleur de pommier

Vendredi soir, 18 heures 50. Ma semaine et ma journée de travail sont derrière moi. Jack dort. Script dîne dans une heure. Saumon. Cresson. Vin blanc. Mousse au chocolat.

La terre tourne. La neige tombe en fine poudre; on dit que c'est de la poudrerie. Ça a commencé juste au moment où je tournais le coin de la rue Lajoie, sur Champagneur. J'en avais sur le nez, dans les sourcils, dans la bouche, dans les yeux, partout. Poudrerie. Il est beau ce mot.

Elle est belle la neige, jamais pareille. Il commence à y avoir de tout petits bancs de neige, on peut pas encore s'asseoir dessus pour se donner des bisous à tire-larigot. Certains mots ont l'air d'avoir été inventés par des poètes.

Il dort. Je dîne. Je dors. Il se lève.

Samedi matin, le 02.02.2002, je reçois un email de Jack qui dit : « C'est dimanche le 27 janvier il est 12h18 et je t'aime. » Quoi?

Je prends mon petit déjeuner. Il fait le ménage. Aujourd'hui c'est le jour de la marmotte. Celle qui mange les noyaux de pêche. Elle boit son café. J'étends le linge détrempé.

Hier donc, le 26 janvier, j'ai mis un point d'honneur sur la suite incompressible de dossiers non classés qui traînent sous la théière et ses copines les tasses. Pas facile vu ce temps, vu la neige jamais pareille. Ça empêche de progresser droit. Heureusement pour moi, il m'a suffit d'attendre la nuit et au matin du 2 février, j'ai pu m'y mettre car il faisait grand soleil.

Vendredi soir, 18 heures 50. Ma semaine et ma journée de travail sont derrière moi. Script roule. Jack doit rejoindre l'homme invisible pour souper. Pizza, feuilles de chêne, goudda plus une pomme verte et un verre de schnaps.

Après demain on sera le 1er février et j'aurai un rendez vous avec mon stagiaire. Je lui dirai du bien, je donnerai des conseils qui font bonne mesure, j'en mettrai quelques couches qui plairont à tire-larigot (oui oui, quel beau mot de la langue française...) On joue. Il y a une semaine à peine, le 5 janvier, je reçois un email de Script qui dit « Mais non, c'est samedi, le 2 février 2002, il est 9h28 et je t'aime. » Hein?

Elle se lève. Je déjeune. Je me couche. Elle rentre.

Aujourd'hui c'est le jour de la marmotte. Celle qui sort de son trou chaque deux février au matin. Elle fait quelques pas sur la neige en croquant les noyaux de pêche. Puis, elle se frotte un peu les yeux et elle regarde partout. La légende raconte que si dame marmotte voit son ombre, on aura six belles semaines d'hiver de plus, donc elle retourne se coucher. Par contre, si elle voit rien du tout, ça veut dire que le printemps sera là bientôt.

Il finit son ménage. J'écris le journal pour toute une semaine, fiou ! Le 3 février, ne pas oublier d'écrire à la marmotte. J'ai des tas de choses à lui raconter.

Et dans quelques jours à peine je prendrai l'avion. Y a-t-il des volontaires dans la salle pour continuer le journal si l'avion s'explose à tire-larigot ?

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