24. faut les laisser aller

Accessibilité. Je travaille à l'amélioration de l'accessibilité des pages de ce journal. Pas facile, la question de l'accessibilité.

Mais au moins le mot est là, bien tranquille dans son coin depuis quelques jours. Coïncidence ? Non. Aucune coïncidence aujourd'hui.

Ni aujourd'hui, ni hier je n'ai observé ni vécu d'événement fortuit, aucune coïncIdence qui rime de façon étrange et improbable pour me mettre sur la piste de son histoire. Je parle, bien évidemment, de l'histoire du mot « accessibilité ».

Et puis je n'ai pas cherché. On ne court pas après le hasard ou les coïncidences. On ne court pas. Faut les laisser aller sans chercher à comprendre.

Faut les laisser aller, les laisser venir au monde librement. Et seulement après, on peut les laisser venir vers nous. Doucement.

ACCESSIBILITÉ

Un mot qui n'a l'air de rien comme ça. Un mot pris tout seul, il a l'air banal. Normal, inoffensif. Alors il faut faire attention. Se méfier. C'est un mot qui, bien souvent, a des yeux qui ne voient pas très bien, qui a des oreilles qui n'entendent plus ou presque plus, et parfois il n'a qu'un seul bras ou pas de bras du tout.

Mais ce n'est pas tout, parce que le mot acceSSibilité a de toutes petites dents pointues comme des couteaux. Des petites dents qui grignotent. Moi, ce mot, il me fait mal. Alors je prends mon temps. je fais le tour et je le regarde.

ACCESSIBILITÉ

Un mot quand ça siffle, c'est dur. Pourquoi je dis ça ? Ça doit être à cause des deux consonnes doubles qui chuchotent et des petits serpents qui sifflent sur nos têtes en se promenant entre les consonnes quand on prononce le mot accessible. Schuiiit. Schuiiit.

Et puis non, le mot est aussi un peu imperméable. Il s'en fout. Il aime bien prendre du soleil et marcher au bord de la mer. Rêver à pleines journées, imperméable à la vaste connerie organisée. Buvant comme une étoile de mer l'eau douce et fraîche de la source à grandes gorgées, attentif à tout ce qui vit librement et sans contraintes, sans critères, sans normes aucune.

Une fois libérée du poids de ce mot je pourrai commencer mon rapport d'étape du projet Voui, voui.

Voui, demain matin très tôt. J'aurai plein de choses à raconter. Après un grand bol de thé vert. Japonais.

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