les fourmi « pots-à-miel »

Un bien beau mardi pas comme les autres
Mon cadeau de Noël est arrivé aujourd'hui par la poste. Je m'inscris à mes cours de Russe tout à l'heure. Da. Oui, je veux aller à Saint-Petersbourg et à Paris, Tokyo et Valbonne, mais pas en touriste, j'irai pour écrire de la poésie, vivre avec les gens et marcher dans les rues en lisant Dosto et en déclamant du Maeterlinck (il est belge, pas grave) sur la place Rouge. Avec Jack bientôt on va aussi aller en Tchétchénie et au Groenland. On mangera du poisson cru sur les banquises. On prendra des bains bouillants avec de la glace autour et de la fumée qui monte. Miam.

Mais non, je n'ai pas la fièvre, je viens de recevoir mon cadeau de Noël par la poste. J'ai envie de déclamer.

Le projet Voui, voui
J'ai beaucoup avancé, mais pas autant que j'aurais voulu. J'ai dit défense de m'aider. Et j'ai pas jeté les e-mails de mes amis qui voulaient m'aider-sans-que-ça-s'appelle-de-l'aide par la fenêtre. Les précieuses informations qu'ils m'ont données ont apporté des changements intéressants à mon plan de travail. Héhé. Du réalisme, ça fait du bien. D'abord, j'ai appris que les standards d'Accessibilité sont déjà traduits en français.

J'avais-ka-bien lire et suivre les liens, notamment le lien Traduction W3C, qui se trouve tout en haut sur le Boring Weblog. Et ensuite WCAG 1.0 - Web Content Acessibility Guidelines ; et puis aussi cet autre lien pour trouver les Techniques pour les règles d'accessibilité du contenu Web 1.0. On ne peut pas être plus clair. C'est la traduction des normes officielles, me dit-on. Quand on suit ces liens là, on trouve le français, les pages traduites, Voui, voui. Alors Script pourra plus râler et se plaindre la pauvre petite québécoise perdue dans la grande Amérique américaine-anglaise. Tout le monde il est rendu anglais, toute façon. Pas grave. Ça fait de nous, les francophones, des personnes juste un petit peu plus débrouillardes. Si on râle pas trop. Bref, si je saute l'étape traduction, ça veut dire que je peux faire la pause un petit moment ? OK. Je commence par la pause. J'aime bien les pauses. Demain, je continue le rapport d'étape du projet Voui, voui. Promis.

to blog or not to blog
Il me reste bien d'autres trésors et découvertes depuis mes expéditions dans l'aventure Voui, voui d'hier. Mais j'en garde un peu pour les autres jours. Et un peu pour moi. J'ai envie de mettre mon petit grain de sel dans le bel engrenage des blogs... juste un petit mot avant de changer de sujet. Jemisa pose la question suivante : « Does your writing qualify as a blog ? »

Intéressant. La réponse est intéressante aussi. Cependant, je n'ai pas envie de répondre à une question comme celle-là. Le Non sortirait beaucoup trop vite et puis ce n'est pas important de se loger sous des étiquettes (c'est comme des genres littéraires, beurk...on fait tout pour casser cette vieille mode-là, pourquoi la recréer sur le web ?)

J'aimerais poser à ceux qui disent écrire une autre sorte de question : « Does your writing qualify as writing ? » Est-ce qu'on oserait répondre No et continuer ? Je pense qu'il est important de réfléchir à son écriture en tant qu'activité. En tant qu'oeuvre par et pour elle même, pour ce qu'elle crée.

Certains disent qu'ils sont « hybrides », et en affirmant cela ils se sortent du trou, ils se créent un espace où exprimer ce qu'ils sont les seuls à voir, à percevoir. Par exemple, Script dit qu'elle écrit un Journal et à l'intérieur de ce journal elle fait ce qu'elle veut, comme elle veut. Je ne suis aucune règle sauf celle du temps. Je n'écris pas ma page du 8 janvier 2002 en la datant du 23 décembre 2001, je veux dire que l'écriture émerge du quotidien et que le quotidien émerge de l'écriture du Journal.

Je peux cependant écrire aujourd'hui (recopier) une page de mon cahier qui date de décembre 1583. Je peux. Mais si je le fais, on saura que je réfère à un autre moment de ma vie sur l'échelle du temps. C'est pour ça que j'aime appeler le travail d'écriture que je fais ici un Journal. À cause de la dimension temporelle et aussi à cause de l'espace fermé que ça crée et que je cherche à ouvrir le plus possible.

Les étiquettes? Je sais, cela permet de s'y retrouver pour ceux qui cherchent, ça oriente le lecteur. Si c'est pour ça, ça va, mais il ne faut pas trop se limiter. Par exemple, les journaux, et les blogs, c'est intéressant, mais ça reste un moyen, pas une fin en soi. Je sais que je n'invente rien en disant ça et que je ne suis pas la seule à le penser. Je sais.

Mais se demander si your writing qualify as a blog, j'avoue que ça me dépasse un peu. Écrire c'est écrire, c'est pas blogger de la soupe d'url agrémentée de quelques commentaires, désolée de briser des illusions et des petits coeurs. Ceux qui savent ce que c'est que de se décarcasser pour écrire une, quatre, dix, 30 ou 50 pages pour produire un texte lisible et cohérent savent de quoi je parle.

Les classifications, si ça sert à nous enfermer dans une communauté ou un genre pour qu'on en sorte plus, je dis non. Il faut inventer, innover. Des milliers de romans s'écrivent en suivant les mêmes recettes, ça sert à quoi, à qui, à part gagner des sous ? Pour ça que les éditeurs en redemandent, eux ils empochent, ils sont pas là pour créer mais pour faire des affaires.

Les journaux sur internet, c'est un peu pareil, ils écrivent à peu près tous la même chose de la même façon. Ils ne gagnent pas des sous mais de l'attention et des contacts avec des gens qui les lisent. Je pense qu'ils cherchent avant tout à se faire aimer, apprécier. Certains innovent, très très peu le font. Et les lecteurs en redemandent ? Je sais pas. Faut pas prendre les lecteurs pour des imbéciles. Écrire, selon moi, c'est s'adresser à des personnes beaucoup plus intelligentes que soi. Voilà.

Si on prend le lecteur pour un trou de c... on risque gros parce qu'on s'enferme avec lui sur la case départ. Et enfermé, on se mettra vite à tourner en rond, [ronronner?] et c'est dans les prisons qu'on tourne en rond, pas dans la vie qui cherche à se vivre libre. La vie c'est fait pour respirer, courir, sauter, avancer en spirales et en vibrations. Des fois on fait des petits tourne-en-rond mais on en sort et on passe à autre chose.

Je n'écris pas pour faire des courbettes et courtiser la galerie des url [lire : faire de la promotion à d'autres sites]. Je mets les liens que je veux et je balance les autres à la corbeille. Les ordi, c'est fait pour ça, il y a une belle corbeille sur le bureau, la recycle bin, faut s'en servir, parfois. Yes.

Les courbettes, c'est pas ma tasse de thé, arf. [hier, j'ai fait le test avec Bobby et il m'a relevé des tas d'expressions obsolètes, et il dit aussi que je devrais prévenir quand je passe d'une langue à l'autre, et alors Jack a écrit à Bobby pour lui dire que Script EST obsolète « par définition » et que lui, il adore ça... je sais pas quel code css ou html il va falloir inventer pour me traduire afin que je devienne lisible, mais ça, c'est une autre histoire].

Je me demande au fond si je fais bien de soulever cette question-là, la mienne : « Does your writing qualify as writing ? ». Parce que moi, je me la pose, sans arrêt. Et sans jamais trouver de réponse et je n'en trouverai jamais. C'est pas important. L'important c'est d'écrire. Ne pas arrêter. Jamais.

Oups, j'ai bien peur de m'être un peu trop « étendue » sur le sujet. Faut que j'aille m'inscrire à mes cours de russes.