Jusque dans le bas côté des choses
dans l'ombre la plus perdue à la frange
dans l'ordinaire musique de nos pas à pas
lorsque je rage butor de mauvaise foi
lorsque ton silence me cravache farouche
dans de grandes lévitations de bonheur
et dans quelques grandes déchirures
ainsi sommes-nous un couple
toi s'échappant de moi
moi s'échappant de toi
pour à nouveau nous confondre d'attirance
ainsi nous sommes ce couple ininterrompu
tout à tour désassemblé et réuni à jamais
[Gaston Miron]

les fourmi « pots-à-miel »

Un lundi comme les autres ?
On pourrait dire que ce lundi est un lundi comme les autres. Un lundi qui me donne l'envie de raconter des histoires alors qu'il me faut plutôt travailler, travailler.

C'est peut-être une bonne chose que de m'éloigner un peu de ce journal. Il est midi, j'ouvre ma page 18. Mon cerveau se vide du reste, j'aime mieux écrire ici que d'aller manger. Pas faim. Cette matinée d'un lundi comme les autres ne m'a pas laissé le temps d'écrire. Peut-être. Mais un fragment de la poésie de Miron est remonté tout seul du fond de ma mémoire, comme une vieille photo jaunie par le temps : des mots qui parlent de toi et de moi, des mots qui parlent de notre non finito. J'écris les paroles du poète pour me faire plaisir.

Je suis et serai une fourmi
Et j'ai envie de garder l'image des fourmis pour quelques jours, les fourmis m'inspirent. Je vais les garder, le temps de mener à terme un projet auquel je réfléchis depuis jeudi dernier, depuis que Karl m'a sensibilisée à la question de l'accessibilité de ce que nous « écrivons » sur l'Internet.

J'ai lu l'extrait du texte de Andy J. Williams Affleck, cité dans The Boring Weblog et j'ai commencé à me documenter en butinant un peu dans les pages de Jemisa « Content matters so I don't have to (Thursday, January 3, 2002) », puis en parcourant l'article « Weblog accessibility », sur Webcrumbs et ses nombreux liens. Aouch ! J'ai des croutes à manger pour devenir accessible comme on dit chez-nous. Et puis je râle, en bonne québécoise, parce que tout est en anglais. Mais je râle pour la forme seulement et parce que j'aime bien râler. L'anglais, c'est pas vraiment un problème, je comprends. Sauf que l'effort de traduction assomme la paresseuse que je suis, qu'il se démultiplie et se fractionne, l'étau se resserre... ça va être dur. Je vais d'abord traduire [essayer de comprendre] le html à partir de l'anglais, puis les explications de l'anglais vers le français, puis du français vers le québécois [ça, c'est pour tout assimiler dans ma tête], puis du québécois au html, parce que j'ambitionne de réécrire ici toutes les opérations que je ferai pour rendre mon journal accessible. Voui, voui. Ça parait pas comme ça, mais j'écris en québécois. Arf.

Le projet Voui, voui
Or donc, je commence aujourd'hui le projet Voui voui. Étape par étape, dès que j'aurai pigé un truc, hop, je vais changer mes codes et décrire dans mon journal ce que j'ai fait. C'est un journal, après tout, ce que j'écris, c'est là pour servir de témoin. Alors au lieu d'être témoin de mes impressions quotidiennes et autres tourments de mon âme torturée et autres bla bla à la sauce Script, je vais travailler à rendre ce journal un peu utile, c'est-à-dire complètement accessible. Et l'exercice va consister à décrire étape par étape la transformation de la bête...

Or donc je commence aujourd'hui le projet Voui, voui. Et promis, ça fera un joyeux mélange de langues, mais bon, tout le plaisir est là, n'est-il pas ? Parce que je veux tout faire moi-même, de la traduction rough jusqu'à la réécriture dans mes propres mots. Il me faut passer par là [je veux dire vulgariser l'information] si je veux y comprendre quelque chose et surtout le faire. Défense à quiconque de m'aider. Je veux apprendre toute seule [pas vraiment toute seule, j'apprendrai à partir des textes des autres, en anglish]. Et puis ça aidera peut-être quelqu'un quelque part qui comprend pas l'anglais et qui arrive pas à comprendre les traductions mot à mot des bidules automatiques. Je constate que je me prends encore pour une fourmi aujourd'hui. Mais je suis pas mère Thérésa... Je pratique la régurgitation, comme les fourmis. Je récolte et puis je digère et après je donne mon miel.

Que ceux qui aiment bien les bla bla à la sauce Script ne se découragent pas, ça va pas me prendre cent ans à devenir accessible, parole de Script. La preuve ? J'ai commncé la première étape, celle de nommer mes Images. À partir de la page 17, on pourra lire les Images sans les voir, Voui, voui. Demain, j'expliquerai comment j'ai fait et pourquoi et ça change quoi, pour qui, et caetera.

Faut que j'aille travailler, il est déjà 13 heures [j'aimerais mieux me plonger pendant deux ou trois heures et parler toute seule dans un bain bouillant aromatisé aux huiles essentielles douces et sensuelles comme Ariane d'Auble, mais bon]. Tourelou.