277. atypique

Paul Auster : Le carnet rouge

L'autre jour, j'avais perdu un mot. Voilà maintenant que j'ai perdu un livre. J'ai perdu Le carnet rouge de Paul Auster. Une chance que le web existe. J'ai au moins trouvé son image [je sais, elle est un peu petite] sur le site d'une grande librairie online [merci merci].

Qu'est-ce qui m'amène à parler de ce livre de Paul Auster ? Quelques personnes m'ont posé la question. Karl fut le premier à me demander si Les Carnets rouges, [nos Carnets rouges ;-)], portaient ce nom à cause du livre de Paul Auster. Ou si on y avait pensé, ou une question de ce genre, je ne me souviens pas bien des mots qu'il a dit. Je suis restée un peu bouche bée.

Comment ça se fait, me disais-je, comment ça se fait que j'aie pu oublier ça, ce titre de Paul Auster ? Parce que la question de Karl me remettait ce livre en mémoire... par contre, c'était vague. Encore aujourd'hui, je ne garde aucun souvenir précis de son contenu, si je compare par exemple avec Léviathan ou Trilogie newyorkaise ou encore avec Tombouctou ou L'invention de la solitude. Non, les Carnets rouges de Paul Auster, rien à faire, j'avais oublié. Et, bien que je trouvais mon oubli un peu étrange, j'ai oublié l'incident dans les jours qui ont suivi.

C'est ainsi que Les Carnets rouges [?] de Paul Auster sont retournés dans la brume de ma mémoire un soir de décembre, dans une rue de Montréal.

Le hasard étant ce qu'il est, je n'ai pas repensé au titre en question. C'est plutôt lui qui a pensé à moi en me plaçant devant cet autre hasard, cet après-midi, sur les pages de IokanaaN, un endroit que je butine toujours avec plaisir et... parfois par hasard. Je ne peux pas ne pas citer sa note du 10 décembre qui cite Script (ça fait comme une poupée russe) :
« Parmi eux par exemple, il y a Scriptocentris (J'aime bien la métaphysique. Je me demande si ça goûte le sorbet au cassis.) qui parle de ce thème - elle a récemment perdu un mot et ne l'a pas retrouvé, même dans les carnets rouges (je me demande si le titre fait référence au Carnet Rouge de Paul Auster ?) »

Réponse : Non.

Et non, je n'avais pas retrouvé le mot perdu. Et en désespoir de cause, un soir que je discutais avec Jack, la curiosité l'a emporté et je suis allée le chercher dans sa lettre. À la source, donc. Et là, ça n'a pas été facile. Le mots fuyait, on aurait dit qu'il se cachait parmi les autres. Mais je suis patiente et à force de lire et relire, j'ai fini par le trouver.

Le mot perdu, c'est ATYPIQUE.

En fin de compte, je suis contente de l'avoir perdu. Je sais pourquoi. C'est un mot qui pique, dit Script.

Sauf que maintenant, j'ai peut-être retrouvé un mot, mais j'ai perdu un livre : Le carnet rouge de Paul Auster est introuvable.

J'ai fouillé toute la maison, cherché partout sur chacune des tablettes de la bibliothèque et rien de rien. Ça me désespère, parce que je veux le trouver. Je suis convaincue maintenant qu'il y a un lien entre ce titre et le choix des Carnets rouges comme titre pour notre e-magazine avec Jack et Ophélia [un tour de magie de l'inconscient ?]. Le livre n'est pas là. Argh. Je voudrais le relire. Pas possible. Par contre, j'ai mis la main sur Le livre de sable de Jorge Luis Borges.

Et puis le hasard étant ce qu'il est, Le livre de sable s'est ouvert sur ces mots :

Je n'écris pas pour une petite élite dont je n'ai cure, ni pour cette entité platonique adulée qu'on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue.

J'écris pour moi, pour mes amis et pour adoucir le cour du temps.

Dans ces mots de Borges, je ne sais pas pourquoi, je me suis retrouvée. Rassurée. Apaisée.

Je sais maintenant que je n'avais pas perdu ce mot pour rien. Et que je n'ai pas perdu le livre de Paul Auster pour rien non plus. Le lien entre Le carnet rouge et Les Carnets rouges, je finirai bien par le découvrir.

Pas tellement parce que je veux savourer le plaisir de la découverte. C'est juste que je veux vivre les plaisirs de la recherche. Et ses hasards.

Haut de page