teepee

La neige a tombé hier soir. Abondante. Son odeur blanche lumineuse entre en moi comme une lame. J'écris. Je trace des lignes entre les étoiles « - le coeur parti dans la dernière neige ». Pour te dire que je t'aime une dernière fois avant de partir. Le froid entre dans ma tête.

L'amour se vide du coeur. Douleur jusqu'à la moelle. Le coeur se perd dans sa peine. Le teepee reste ouvert jour et nuit et je vois clair « dans les yeux des bêtes découpées dans la brume ». Je t'écris. Je vois clair jusqu'au fond de mon mal. Comme le loup, je me ronge la patte. La patte est gelée. La bête ne souffre pas. Elle entre dans la saison du non-amour. Le coeur se cache sous la neige.

J'allumerai le feu. Il flambera, plus grand que moi. J'irai entendre la violoniste qui joue un Oratorio dans une boule de Noël géante. Une larme de Porto ? Si si. Je ferai cuire la bannique sous la cendre. Je la mangerai trempée dans la crème, saupoudrée de sucre d'érable noir au goût de sève. Fabuleux festin.