Hans von Marées : Portrait double

Lorsque j'aime quelqu'un intensément, je ne dis jamais son nom à personne. Ce serait comme en céder une partie. De plus en plus, j'aime le secret. C'est, je crois, la seule chose qui puisse nous rendre la vie mystérieuse ou merveilleuse. La chose la plus banale devient délicieuse dès l'instant qu'on la dissimule.
[Oscar Wilde : Le Portrait de Dorian Gray]

les livres s'empilent partout, c'est une vraie pagaille ici
Juste sur le coin du calorifère derrière la causeuse où je m'installe pour lire j'ai trouvé ceux-là. Je les ai rangés en haut de la bibliothèque. Dernier rayon. Pas en ordre alphabétique. L'ordre de rangement fut l'ordre dans lequel je les ai trouvés; comme ça, je saurai toujours où ils sont : Serge Doubrovsky : Le livre brisé, Michel Onfray : Le désir d'être un volcan, Milan Kundera : L'art du roman, Amélie Nothomb : Les combustibles, J.K. Rowlings : Harry Potter et la chambre des secrets, encore Nothomb : Péplum et Attentat [j'avais dû avoir une attaque de boulimie], Stevanovitch : La Voie du Tai ji quan, Vincent Jouve : L'effet personnage dans le roman, Gao Xingjian : La raison d'être de la littérature, Roland Barthes : Le degré zéro de l'écriture, Suzanne Jacob : La Bulle d'encre

ce journal va changer
Et finalement le dernier livre à ranger était Le Portrait de Dorian Gray, alors je l'ai ouvert au hasard et j'ai commencé à lire. Je range pas souvent mes livres parce que je perds toujours un temps fou à les relire. C'est ainsi que j'ai trouvé le passage recopié plus haut sur cette page. Le livre m'est tombé des mains, parce que c'est exactement comme ça que je me sens en ce moment avec ce journal : plus du tout envie de raconter ma vie, mes amours. Tout ça pour dire que je n'ai plus le goût de raconter le peu de secrets que je racontais ici. Alors, c'est décidé, ce journal va changer. Il va beaucoup changer. Je ne sais pas comment, mais je sais qu'il va changer. C'est tout.