243. j'en serais bien capable

foetus

Script s'éparpille. Elle se perd de vue. Elle rêve trop je pense. Les lendemains des nuits peuplées de rêves et de cauchemars sont les jours les plus difficiles.

Depuis samedi, je suis incapable d'écrire. J'ai tout arrêté après que j'ai écrit ici dans ces pages que je voulais commencer un essai pour écrire la peur. Dimanche, j'ai déliré sur les citrouilles et hier, c'est Jack qui a écrit la page 242.

Elle est belle la page de Jack. Je crois même que je vais lui laisser écrire le reste de toutes les autres pages de ce journal et m'en aller écrire ailleurs que sur le world wide web dans lequel j'ai le sentiment de me perdre bien souvent. J'ai envie d'un espace tout petit et chaud. Comme un ventre. Mais où il est cet espace d'écriture ? Je cherche et je ne trouve pas. Quelle forme donner à mes mots si les romans que j'ai commencés ne veulent plus de moi ?

Et ce matin, c'est pire que tout. On dirait que je suis restée accrochée par un pied dans la toile d'araignée de ma nuit. Je me suis levée à 7 heures et à presque 10 heures et demie, je n'ai pas encore fini de me repositionner dans le réel. Et ce réel, il est fait de quoi ? Mes cauchemars ont l'air plus vrais que la réalité du monde qui gomme tout, qui maquille la vérité.

Le temps passe. La maison est vide. Je ne supporte plus les bla-bla de la radio. Stop. Je m'enterre dans toutes sortes d'activités utiles, ça va. Si je laisse de côté mon écriture, serait-ce parce que j'ai développé une légère obsession pour trouver ce damné travail « alimentaire » ? J'en serais bien capable.

Ce n'est même pas ça. Ce qui me préoccupe, c'est l'écart que je ressens entre les projets d'écriture qui me travaillent et hantent mon imagination et les mots qui prennent forme sous mes doigts; cet écart est tellement large qu'il me semble ouvrir une faille immense à l'intérieur. Ça me paralyse de ressentir ça. Parce que ça me vire à l'envers sur le plan affectif. Et c'est fort au point de vouloir se retourner contre moi-même : cela me force à arrêter complètement de produire, d'avancer. Et quand je n'écris pas, là-dedans, c'est la tourmente. Et ça me fait mal.

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