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Script se blottirait bien dans les bras de sa maman. J'écoute encore et toujours un solo de violoncelle. Un vrai solo. Jack est parti hier soir. C'est dur. La maison est vide. Il est partout : dans la baignoire, dans le lit. Sur ce fauteuil. Il caresse le chat. Script se serrerait bien dans les bras de Jack. Il doit travailler, c'est loin. Elle refuse de manger. Pour une fois, avouer sa faiblesse. Tu as le droit, dit-il de ne pas toujours être forte.

10 heures 53 du matin, je ne voulais pas pleurer. Les larmes commencent à couler. Je laisse aller. Ça fera du bien. Je fais couler un bain. Je mettrai les draps dans la laveuse. Je vais me glisser dans l'eau chaude. Chaude salée.

Être seule, et loin. Pour le moment c'est ça. Il n'est pas obligé d'être fort. Il va téléphoner. Crevé. Douze heures d'avion. J'exagère encore. C'est comme jouer à James Bond, l'arme en plastique au point, bras tendus. On se cache derrière les portes, comme des enfants. Il descend de l'avion et il va à son bureau directement. E-mail. E-mail. Après il va rentrer doucement. Il prendra une douche, il se couchera.

Je pleure. Ce sera dur, mais il faut que je vive encore un peu l'absence, c'est ma vie.

Pleure Script. On s'en fout que tu pleures.

il écrit : ok, je rentre chez-moi. Mais je me nourrirai de l'espoir de te tenir dans mes bras bientôt. Je crierai que j'ai mal et je vais tout empoigner avec l'espoir. Je rentre doucement chez moi.

Les mots sont bien vides de pouvoir comparés à la présence humaine.

Jack va dormir tout seul dans son lit comme j'ai dormi toute seule dans le mien cette nuit, après trois semaines géniales. Je lui écris tu vas voir, peu à peu ça fera moins mal.

– je vais tout empoigner avec l'espoir, dit-il.