Keisai Eisen : Couple in summer

Il faut que le ciel devienne la terre, l'est devienne l'ouest,
pour que nous puissions nous séparer :
Tu ne peux pas me quitter;
je ne peux pas t'abandonner,
même après la mort, nous serons les revenants amoureux inséparables !
Tes épaules laissent voir des traces de dents,
dis-moi franchement, qui t'a mordu ?
Je ne te gronderai pas et ne serai pas furieuse de jalousie,
c'est seulement pour éviter de te questionner tous les jours.
Ta chair a été mordue,
Mon coeur en est douloureux.
De quelle espèce est cette femme ?
Est-elle tellement cruelle ? !
(Anonyme)

Sur son épaule, une tache rouge. Juste une petite mordée que quelqu'un lui a fait. Ce n'est pas du sang non plus. Comme sur la fleur d'hier, c'est de la confiture de framboises.

L'estampe japonaise avait l'intention de se faire érotique. Elle le fut. Après, deux petits déjeuners au lit. On dit Bis ? Non. On dit merci, Jack.

L'automne me donne une température si douce, si chaude depuis quelques jours. Je marche dans les rues et les parcs de la ville, pieds nus dans mes sandales. Ma coiffeuse me disait hier après-midi qu'elle regrettait amèrement d'avoir rangé les siennes pour l'hiver, comme je la comprends. Quelle drôle d'habitude que celle de ranger ses choses à la fin d'une saison ! Je ne range pas mes vêtements l'hiver. L'été non plus. Mes armoires sont équipées quatre-saisons, comme les pneus. Comme ce journal. J'aime que les saisons se contaminent. La pagaille, c'est bon. On ne réussira pas à enfermer mes sandales ou mes châles de laine dans des boîtes. Ces choses ont besoin de liberté. Je me souviens de quelques jours des automnes passés où je partais le matin en marchant au soleil sur un terrain sec et je rentrais le soir, en sandale dans la neige. Quelle volupté.

Futile. Pour être bonne, la vie a besoin du futile. De l'inutile. Du volatile. Ainsi, je suis. Ainsi je serai.

Avertissement - Warning :

Ah la la ! Il faut tout expliquer. Ceux et celles qui croient que mon Jour Blanc de la page 219 représente un jour d'angoisse de la page blanche et qui sont tentés de faire pareil quand ils n'ont rien à écrire sont priés de lire attentivement cet avertissement aux lecteurs [et lectrices...] On veut imiter ? OK. On imitera si on veut. Mais on saura ce qu'on imite : le Jour Blanc version Script c'est un jour rempli de plaisirs que l'on décide de s'accorder à soi-même. La preuve, le mot « moi » sur la page. Quand j'écris « moi » et rien d'autre sur une page de journal, j'imite Gide ou je ne sais plus trop quel écrivain auteur d'un Journal papier qui faisait ça [mea culpa, j'ai oublié qui c'est]. Écrire « Moi », c'est signifier que ce jour, on se le destine à soi par avance en décidant de ne rien écrire de ce qu'on aura vécu. Cela se décide dès le matin, la page blanche est mise en ligne le matin et après la journée de plaisirs, je n'écris rien, je tiens parole. Pas un mot, motus, mais quelle magnifique journée c'était... (chut !)

Chers lecteurs, prière de ne pas vous offusquer de cette petite diatribe improvisée. Arf. Je suis plus que patiente, mais j'estime que j'ai bien le droit [moi aussi] à ma petite montée de lait égotiste.