Agapanthe, <em>Agapanthus umbellatus</em>

Encore des fleurs mauves. Violettes, si on aime mieux. Pour me souvenir d'hier. Je me sens comme hier. Pareil. Le Stabat mater ne peut rien changer à ça. Hier, à Saint Jean-Baptiste de Rouville, la nature était plus que belle. Les pommiers sont lourds. Des pommes roulaient dans l'herbe.

La faim nous a fait rouler jusqu'à une vieille maison avec 46 fenêtres, des murs de 28 pouces [ça fait un peu plus du double, en centimètres, il faut multiplier par 2,5]. Manger dehors le 4 octobre vers 17h, sur une terrasse avec vue sur les vergers. Mmmm. De la soupe aux tomates, un plat avec encore des légumes et du fromage. Boire du moult de pommes. Je me suis demandé pourquoi ces gens voulaient vendre une maison pareille. Fatigués, je me suis dit, ils doivent être fatigués. Les pommes tombent et roulent. Les chiens aboient. Les abeilles font le miel.

Je dis que le Stabat mater n'a rien changé. Peut-être que si. En fin de compte, la musique m'a permis de retrouver une certaine paix intérieure, m'a donné la force de rouler pour sortir de la ville. L'air de la campagne était bon à respirer. Au retour, il y avait du rose et du jaune derrière les nuages. Entre la soupe et le gratin, j'ai noté quelques mots dans mon cahier noir, l'autre journal qui ne sera jamais lu par d'autres yeux que les miens. Écrire dans un cahier pour renouer contact avec moi-même. Il faut que je continue.

De la terrasse, on voyait des rangées de pommiers s'agripper au flanc du mont Saint-Hilaire, et au loin, les montagnes du Vermont. Juste à côté, un arbre avec des petits fruits jaunes. L'auberge est à vendre. Bicentenaire. Je demande à la dame pourquoi elle vend. Elle répond : « nous sommes fatigués ». Vertige. On l'achète ? Non, pas vraiment. Elle est trop proche du chemin.