184. peine d'amour ?

château en Écosse2

Je lis le journal et je suis inquiète. Les pages 182 et 183 montrent que Script est si triste, on dirait qu'elle a une peine d'amour. Ça fait trois jours que ça dure. Script a-t-elle une peine d'amour?

Je ne comprends pas pourquoi elle est si triste. Tu comprends quelque chose à ça, toi ? Est-ce que je me désole parce que Jack est si loin ? Pourtant, je sais qu'il va revenir bientôt. Pourquoi je suis si triste ? Aide-moi journal, please. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. D'ici le retour de Jack, devrais-je prendre mon mal en patience et me retirer dans un château en Écosse, méditer ?

Une peine d'amour, moi ? Non, je ne crois pas. C'est juste que Script souffre que Jack soit loin, ça ne va pas plus loin que ca. Et Script est un personnage voyons, alors elle évolue au gré des pages, voilà tout. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Ce n'est pas moi qui est triste, c'est Script. Nuance.

Hier, j'ai fait un gâteau au chocolat et j'ai préparé un rôti de porc piqué de milliers de gousses d'ail. Ça sentait bon. Ce fut bon. J'ai fait tout le ménage, la lessive et j'ai relaxé et j'ai même lu un journal, un vrai journal en papier : La Presse. J'ai lu des tas d'informations dans ce journal, on dirait que c'est pareil depuis la dernière fois que j'en ai lus sur papier, ça devait être au printemps ? Non, quand même pas. Mais lire à fond comme ça un article qui n'est pas sur l'écran, ça faisait longtemps. Sauf que ça sonne toujours aussi creux, aussi mou. Comme s'il n'y avait qu'une ou deux idées qu'ils ânonnent et ressassent ad nauseam, enfin, faut bien que ces gens « gagnent » leur vie à écrire là-dedans, donc, ils xéroxent tout ce qui passe et qui ne risque pas de les compromettre personnellement en tant que bien pensants et que sais-je encore. Comment ? Tu veux que je lise « Le Devoir » ? Arf. On en reparlera, OK ?

J'ai un aveu à faire en ce premier dimanche matin de septembre : le Journal de Script n'existe pas.

Ce n'est pas un canular. J'ai tout bien relu et je n'ai pas vu LE Journal de Script, mais LES Journaux de Script ou si on préfère : « The Journals of Script ». Il y a le Journal de l'hiver, le Journal du printemps, le Journal de l'été, le Journal des fleurs, le Journal triste, celui qui gueule, et tous les autres. Il est donc pluriel. Déchiré, comme moi. Mais aujourd'hui, ah, aujourd'hui, je suis bien déterminée à le faire vivre. Et pour cela je ferai le contraire de ce que j'ai toujours essayé : je voulais le recoller, l'unifier, y faire la paix et non, je travaillerai désormais à le diviser encore plus en l'acceptant tel qu'il est, ou plutôt, en les acceptant tels qu'ils sont. Je vais le scanner, le diviser, le multiplier à l'infini. Mes journaux. The Journals of Script, a le droit/the right (est-ce bien un droit au sens de law ? absurdité !) de vivre ainsi à plusieurs et c'est même sa seule façon de survivre au temps qui passe et emporte tout avec lui.

Ouf ! Est-ce l'effet du gâteau au chocolat ou du sirop In the Sun ?

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