Mucha : Salammbo

Je marche dans la ville. La ville est belle. Voluptueuse. Certains quartiers : des senteurs de Brooklyn. Je rêve à New-York. La brume de vapeur qui sort de partout. La ville est froide. Elle se coule dessous et m'entortille. La musique déroule les plis de sa robe, un par un, lentement. Quoi faire d'autre que s'enfoncer dans Brooklyn ou encore dans le Bronx?

Je marche sur le pont. Puiser. Cause, You're the best. Je sais. Mais non. Illusion. Je marche insensible aux regards. Non ? Pas insensible. Je dis aveugle.

La carte des rues se déplie comme un acordéon. Le papier comme un quart de finales tombe sur mes pieds surpris et se fragmente. Je reçois les petits bouts de ruelles, les buildings. L'échelle du jeu. Rap. Guitare électrique. J'ouvre mon attaché-case. Dedans, mon amour s'étire vers la pluie qui tombe autour. Je mire au loin la delta ville. Je ne vois pas bien. Je l'ai loupée, quoi qu'il en soit. Où es-tu ? J'ouvre mon attaché-case, des drogues, du sirop, ça suffit. À l'aise, je mets la main, je trie, je dispatche des choses, pires que toi. Je ferme la boîte.

La musique joue trop fort. Je suis dans une boîte. Je sens que ça vibre trop. Suis-je au Japon? Loin de moi le septième ciel. Les samouraïs. Problème. Il demande : as-tu du feu ? Il m'appelle, Samantha. Arf. Si tu crois. Sorcière, moi? Va jouer dehors, petit légume. Il me joue du sentiment. Voyons voir. Un assentiment ? Rien à cirer, mon beau samouraï, je suis trop belle pour toi. Tu devras me cracher que tu m'aimes. Retournes voir ta Samantha, ta sorcière qui connaît les crapauds par leur prénom. Arf. Nous, on connaît tous les chats de la ville : Shogün.

Donald et Samantha se balancent jusqu'à l'intox. Moi, je rentre dormir dans le grand lit de la chambre bleue. Couchée, je flotte. Sous le sirocco du séchoir, Samantha voudrait avoir des délires annexes. Mais non. Donald, noir de peau, attend et tente un premier contact dans son dos. Les signes du zodiaque, avec un tatouage d'envergure, sont dessinés sur le côté coeur, un a un, des petites images prises par un photographe qui n'utilise que des clichés qui suintent. En s'approchant plus près, on peut voir le grain et les montagnes qui s'avancent et reculent avec le balancement du sirocco du séchoir qui n'a pas sa place ici. C'est parce que le temps s'arrête un instant. Donald Duck ne s'approche plus, il est resté collé.

Je commence à m'endormir. La soirée s'éternise. Musique techno, neon, laser et soie écarlate. Penser à mettre les doigts devant ma bouche quand je baille, c'est plus poli que maman m'a dit. Argh, je baille aux corneilles. Ma fourrure fout le camp. La dame à la fourrure reçut une fourchette en plein sur le cockpit de la pomme verte. Clouée sur le mur par le padre. Pourquoi je pense à Grégoire Samsa ? Je m'ennuie de Grégoire Samsa et de K. Je m'ennuie et je baille. Donald est à cran. Danser? Baille, je baille. Don't go away...fredonne Samantha la vaporeuse.

J'ai balancé des mots toute seule, de douleur. Bad day pour une pomme verte. Deux discordes entre Samantha... et pour moi sans effort je visse plus vite que ma fatigue, plus vite que mon envie de m'échouer. Là où ça pince et où ça s'écrase. Pincer, visser, pas de différence notable. Je ne vois pas trop. J'aime voir dans ses cheveux toute la lumière. Crier mon bonheur ? Elle avait peur de le voir sourire. Le matin, sur le sable, il fait bon, chaud, il fait soleil. Je dors en pleine lumière. Ses cheveux sur mon front. Voyage éclair dans le désert. Il est tatoué ? Ok. Il a du soleil sur son front. Du blond dans ses cheveux rouges. Melody Nelson. Sa couleur naturelle ? Attend. Je rêve encore, en pleine nuit, est-ce possible ? Jazz night for a bad day.