Tordu : Adj. C'est le fait de ne pas être droit. Fondamentalement, ça n'a pas plus de connotation que ça. « C'est tordu » veut dire que physiquement, ce n'est pas rectiligne. On peut avoir un doigt tordu, des cheveux tordus, un dos tordu. C'est souvent synonyme de laideur et on a bien tort de penser que la droiture des objets est la seule façon de faire le beau. Psychologiquement, être tordu signifie que l'on admet que la beauté de la pensée ne se tient pas uniquement dans un esprit droit. J'entends par esprit droit un esprit qui est lisse et parfaitement rectiligne, et pas le fait d'être droit pour dire honnête. Être lisse et rectiligne c'est ne pas s'accrocher aux idées et c'est être borné. Être tordu permet de se mouvoir dans les coins difficiles et on sous entend la molesse de l'esprit dans ce terme. La molesse permet de passer partout, de se protéger d'une attaque qui briserait une surface rigide et dure. Toutes les caractéristiques de l'être sont à exploiter à notre avantage et être tordu c'est un fait qu'il faut replacer dans sa valeur initiale. Les mots nous jouent des tours et celui-là aussi car bien entendu, on s'entend sur le sens que nous lui avons construit mais il faut se détacher de ça. Il faut redonner aux mots leur sens qui leur rend leur dignité. « Être tordu » ne se dit pas, mais se sent.

Oui, souvent, les mots nous jouent des tours. Il y a quelques jours je me posais des questions sur les différentes significations du mot « appréhension ». Peu après, un lecteur perspicace m'a écrit à ce sujet. C'est fort ce qu'il explique. Et très apaisant. Cela mérite d'être donc d'être conservé ici, en guise de complément à la page 174 :

Dear Script,

To your question :

Cependant, en anglais, cela signifie aussi, d'une part, « inquiétudes, craintes » et d'autre part, « compréhension » au sens de comprendre avec compassion, sans juger, as a god, je dirais. Y a-t-il un prof d'anglais en ligne, por favor ?

It seems that the latin origin of the word really means « comprehension » without any negative connotation, thus the allusion to God's omnipotent comprehension of the world.

Later on, though, when people began to use the word « Forebode » as a prediction of an upcoming evil, an omen, it seems that the original definition of an « omnipotent comprehension » was extended to this knowledge of the omen, thus taking the word « apprehension » to the level of something which has to be feared. Most dictionaries still classify this latter description as the third in importance so... you can get some confort from the first, original meaning.

Hope this helps,

Your English teacher

Yes it helps. You can be sure this helps me a lot, my dear English teacher et néanmoins ami X... And I thank you for all those diary readers too. I know they will appreciate.

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Quand il pleut et qu'il fait gris, on peut bien visiter l'Hôtel de Ville et s'amuser à fouiller dans les archives ou encore à suivre le guide, Pauv'tit-Loulou, ce cher guide comblé.

Mais quand il fait beau comme il a fait en ce doux mercredi du mois d'août [encore une rime involontaire], une promenade sur le Mont Royal s'impose. Là haut, pas de fantômes ni d'esprits malins, c'est bien connu. Sauf que je me demande s'il est vrai que la montagne est un ancien volcan. Au fond, cela n'a aucune importance. Le Parc du Mont Royal est splendide. Inauguré en 1876, on doit son design à Frederick Law Olmsted, concepteur émérite de plusieurs grands parcs américains, dont le Central Park de New York. On peut y observer une variété importante de plantes et d'oiseaux. Marcher dans les sentiers sans se presser, tout en discutant avec Jack, est bien plus agréable que d'entreprendre l'optimisation du rangement du garde-manger avec mon amie Jeanne qui s'y connaît en la matière [c'est fait depuis 16h30 piles, ouf !]

Sur le Mont Royal, au lieu des grillons de Poetic Island, on entend les cigales chanter à tue-tête, mais les parfums des sous-bois se ressemblent un peu avec là-bas, moins la lavande et les embruns et, et... que sais-je encore ? Nous avons mesuré le rayon de courbure de chaque petit sentier et réalisé quelques calculs trigonométriques pour déterminer si Frederick a su cacher le nombre d'Or un peu partout. Finalement, il a dû décider que les nombres feraient ce qu'ils veulent, qu'il n'y aurait pas besoin de leur demander de quel bois ils se chauffent. Alors notre carnet de nombres ne ressemble pas à grand chose de cohérent après ces heures consacrées à tourner en spirale. Vers la fin, épuisés, nous avons cherché le nombre d'Or et il n'était pas là. On fera d'autres tentatives quand on passera à New York. Fiou. On rentre tout juste : les nombres n'ont pas d'horaire.