171. la montagne enchantée

les montagnes

La route ne va pas toujours quelque part. Quand il n'y a pas de bout, que c'est rond, le corps qui parcourt la route s'imagine qu'il va arriver ailleurs. Et sur Poetic island, il n'y a pas de quelque part qui tienne [la route].

Le corps ne sait pas. Il ressent. Il se contente d'être là, silencieux. Lui arrive-t-il de crier, de s'emporter, ou même d'être triste ? On ne sait pas. On ne peut pas savoir le corps. C'est ça qui me dépasse. Cette route sinueuse qui court à l'intérieur de soi sans jamais arriver nulle part, c'est fou. C'est vrai, c'est comme les sentiers et les petites routes qui sillonnent la montagne sur Poetic Island.

Cette route ne mène donc nulle part puisque mon corps reste là et ne sait rien d'autre que ce qui se passe autour de lui, dans sa proximité.

Et là, presque en haut de la colline traîne un jeune homme, l'ermite. Avec lui, il fait bon discuter, parfois...

Script : Dans la proximité de mon corps, il y a le corps de Jack.

Ermite : Seriez-vous fondus ? Votre corps aurait fondu ?

Jack : Parfois, c'est tout comme... parce que si j'ai peur, je me réfugie tout près de Script, dans sa proximité. Je veux être dans ses bras c'est là que je refais mes forces.

Script : Oui, et pour moi c'est pareil.

Ermite : Cela, ça veut dire que vous n'avez plus que deux yeux et une bouche pour explorer la route qui s'en va.

Jack : Seulement ?

Script : Mais nous avons encore nos routes en nous, non ? Que faire?

Ermite : Faites comme moi.

Script : Pas facile. Nous sommes si semblables et à la fois si différents.

Ermite : Il n'est pas question de savoir si vous êtes identiques ou disjoints. Posez ces mots ailleurs, avec la céramique. Non, si vous n'êtes plus qu'un alors, comme moi, vous regarderez en vous, en l'autre.

Jack : Nous ne savons pas où va cette route et nous ne savons pas qui nous sommes. C'est peu non ?

Script : Vous dites, ermite, de faire comme vous, mais que faites-vous?

Script : Et puis, regarder en vous, en l'autre? on fait ça comment?

Ermite : Je regarde qui je suis, tous les matins que Dieu fait, je me lève et je regarde en moi-même, dans mon corps. Vous êtes double. Regardez-vous, regardez-vous dans les yeux, le matin, au réveil.

Ermite : ... mais je vous préviens, on n'arrive jamais au bout... C'est Poetic Island ici.

Jack : Mince ! C'est comme la route ?

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