168. écrit pour l'internet

cascades

Un autre soir, un autre matin. Je pose et repose la question sur le sens de ce que nous vivons. Faire et refaire les liens entre littérature et connaissance. Entre littérature et art de la fouille.

J'ai pris un peu de temps hier soir pour relire le journal de Script. Pas au complet, juste quelques pages ici et là, surtout au début. Grosses trouvailles ? Non. Rien d'autre que le plaisir de renouer avec ces mots-là. Je devrais relire plus attentivement et procéder à des corrections. Mes tentatives pour maquiller certains aspects de la réalité afin de cacher mon identité ont fini par créer des bizarreries, voire même des incohérences. Au début, j'avais une peur bleue que quelqu'un de mes proches découvre mes écrits en ligne, donc je modifiais des détails ici et là. Et maintenant, plus le temps passe, plus je me dis que bof, n'importe qui pourrait lire. Je change. Nous changeons tous. Je n'ai pas honte de ce que j'écris. Quand on écrit un livre, c'est pareil : il peut être lu par tous, et pour soi, ça ne doit rien changer à ce qu'on veut dire. Le journal online, à la limite, c'est pareil. Pour les secrets intimes, il restera toujours le journal papier. Pourtant, ce journal n'est pas un roman, pas un livre et il n'en deviendra jamais un. Il a été et est écrit pour l'internet.

Hier, dimanche et encore une fois ce matin, j'ai refait le trajet dans la montagne entre la chapelle [mon ermitage] et les cascades. C'était magique. Marcher dans les bois et faire craquer les branches. Ramasser quelques pommes de pin, les mettre dans mes poches. Rêver et oublier de déplacer une branche qui en profite pour me fouetter la joue au passage. Bien fait. Ça m'apprendra à rêver quand il ne faut pas. Grimper et arriver au pied des chutes. Repérer une grosse pierre et m'asseoir dessus pour lire, les pieds dans l'eau glacée qui bouillonne. Après, m'asseoir dans un creux qui forme une sorte de bain tourbillon, me laisser masser le dos par les courants rapides, pressés. Pour finir ma promenade matinale, aller boire à la source. Toujours dans l'espoir d'apercevoir enfin la fée Palestine. J'ai tellement envie de discuter avec elle.

Y a-t-il un temps pour le rêve et un autre pour la réalité ? Je me le demande ; parce que j'ai tendance à vivre les deux en même temps. La vie sans rêve n'a aucun sens, elle s'éloigne trop de la vérité. C'est quoi la vérité ? Bonne question. Faudra que je questionne le vieil ermite.

Ce matin, j'ai beaucoup à faire : un peu de lessive [à la main, héhé le confort moderne ne tient pas dans un sac à dos], une longue baignade dans la mer et la suite du manuscrit, chapitre 23. Ça roule. Je suis contente.

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