159. réinventer le monde

Chagall : La farandole d'été

Je disais donc que pour retrouver la clé. Oui, la clé en or massif [celle qui barre à double tour le coffre fort en métal anti-balles et anti-missiles contenant le cahier de 300 pages à reliure spirale qui lui-même contient la recette secrète de fabrication de la première fée] il suffit de réinventer le monde. Réinventer le monde ? ça a l'air facile à dire, comme ça, mais pour y arriver, il faut pas mal d'ingrédients. Ce qui expliquerait sans doute pourquoi je piétine un peu ? Possible.

Alors voilà. Aujourd'hui, je ne ferai pas comme l'autre jour. Ce qui est arrivé samedi soir : j'écrivais, j'écrivais, sans penser, et je me laissais emporter par les mots de l'histoire et comme c'était répétitif, les mots m'ont emprisonnée de telle façon que je ne n'ai pas ajouté grand chose à ce récit sauf que la première fée était sur l'Arche de Noé et c'est comme ça que l'histoire a pu parvenir jusqu'à nous. Parce que cette fée s'ennuyait tellement sur le bateau qu'elle a eu l'idée d'écrire son journal intime.

Il faut par ailleurs se souvenir que le tout premier journal intime a été écrit par la première fée. J'ai lu ça dans les bouquins de Philippe Lejeune, c'est authentiquement vérifiable, [même que l'original est conservé dans un coffre fort à l'APA - bien sûr, c'est un coffre fort en métal anti-balles et anti-missiles - mais je fais mieux d'arrêter ici, parce que mon histoire va faire comme celle de samedi...]. D'ailleurs, encore aujourd'hui, cette fée est bien vivante et elle écrit son journal online, mais elle ne veut pas que je dévoile son pseudo, encore moins son URL. Par contre, elle accepte que je donne sa véritable identité.

En effet, comme la fille de Psyché et de Cupidon, la première fée s'appelait Volupté. C'est un beau nom, n'est-il pas? Donc, Volupté pleurait parce que sa mère avait perdu la clé et elle était enceinte [pas sa mère, elle]. Elle voulait accoucher d'une fée, alors elle a cherché la clé partout sans la trouver. Le plus beau, c'est que dans les caves de l'Arche il y avait une immense bibliothèque et un grand Blockbuster plein de cassettes video. Alors Volupté s'est fait un plateau plein de bonnes choses à manger et elle s'est installée confortablement pour visionner à son aise toute la série des X-Files. Elle se disait qu'elle finirait bien par y trouver un fil conducteur, une sorte d'inspiration pour savoir où dénicher la clé en or massif perdue au fond de la fosse pleine d'animaux aux dents pointues.

Mais ce n'est pas tout. Elle avait beau chercher la clé, sauf que personne ne se souvenait où ils avaient caché le coffre fort en métal anti-balles et anti-missiles. Bof, se disait-elle, je vais demander à S., grand amateur de X-Files, il doit bien avoir une idée. Et tant qu'à faire, je pourais téléphoner à la FBI-Scribouilleuse sur son portable. Pas de chance, elle vient d'échapper le bidule dans la gueule d'une baleine dont le pseudo est Moby. Vite, aller chercher mon vortex... il va m'en falloir un vrai bon pour retrouver le bonhomme Melville dans le port de Boston. Lui seul sait comment attraper les baleines mangeuses de portables. À moins que je téléphone à VLB? Bof. Je vais me débrouiller avec S. Je finis mes k7 de X-Files et je raconte la suite demain, O.K.?

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