Zig Peterson : Noah's Ark

L'autre jour, j'ai écrit : « Demain, à la demande générale [à moins d'un empêchement majeur], je continuerai de faire la preuve de l'existence des fées [par A + B]. »

Je suis incorrigible. J'ai écrit ça et puis je l'ai oublié. Une vraie passoire. On est le samedi 4 août et je n'ai pas encore donné suite. Pas grave, me direz-vous, et vous aurez raison. Sauf que voilà une autre preuve que je suis en dessous de tout. Les vrais cyberdiaristes, eux, ils racontent tout le lendemain, par le menu détail, alors que moi, j'ai des croutes à manger pour les rattraper...

Aujourd'hui, donc : suite de l'histoire des fées. Mais c'était pas parti pour être une histoire, je voulais juste écrire une définition du mot, et je me suis laissée emporter. Je disais que je voulais faire une preuve de leur existence par A + B. Et puis me voilà engagée dans un récit qui me vient du journal de ma grand-mère amérindienne qui tenait elle-même ce journal de sa propre arrière-grand-mère qui était née dans un village proche du Paradis Terrestre. Mais ça ne m'empêchera pas de raconter l'histoire, parce que c'est la vérité vraie ! Sauf qu'il vaudrait mieux que je finisse d'abord la définition, non?

Fée : nom féminin désignant un être, homme ou femme qui est né dans un village proche du Paradis Terrestre et dont la recette secrète de fabrication a été perdue jadis, il y a fort longtemps. Cette recette avait été égarée juste quelques décennies/centennies/millénies avant une tempête qu'on a l'habitude d'appeler [encore en l'an 2001] : le Déluge. Vous ne croyez pas que cette histoire a vraiment existé ? Vous avez le droit. Moi non plus. Toujours est-il que la première fée qui vivait dans l'Arche de Noé avait un gros problème. Elle avait perdu la recette secrète, notée dans un cahier à reliure spirale de 300 pages quadrillées, dans un coffre fort en métal anti-balles et anti-missiles que ses parents cachèrent et barrèrent à double tour avec une clé en or massif. Et puis elle s'est retrouvée toute seule en plein Déluge, on avait perdu la clé qui était tombée dans une fosse pleine d'animaux aux dents pointues et je n'aime pas les fosses parce que c'est plein de loups alors je ne répéterai pas le nom des animaux aux dents pointues qui s'y trouvaient. On a qu'à relire soi-même la page 153. Moi, c'est trop pour ce soir, faut pas pousser trop fort. Je veux bien écrire une fois, mais recommencer, je suis pas certaine que c'est faisable. C'est samedi soir, je me fais plaisir en répondant à mes emails en retard et j'écoute la BO d'Amélie Poulain.

Et puis un jour, des milliers d'années plus tard il y eut l'an 2000 (arf) et ensuite l'année 2001 et une « cyberdiariste » bizarre répondant au pseudonyme de Script se mit à rêver aux bateaux avec des voiles toutes gonflées, parce que sa job, c'était de tracer des lettres sur les voiles des bateaux; c'est là qu'elle donna libre cours à sa passion pour les vieilles histoires et redécouvrit le vieux journal intime de son arrière grand-mère amérindienne qui elle-même avait noté l'histoire des fées à partir du journal intime de sa propre arrière grand-mère qui venait d'un pays dont tout le monde ignorait le nom, mais c'était proche du Paradis Terrestre. Comment se fait-il que j'ai l'impression de me répéter?? Enfin, tout ça pour dire qu'à partir du jour où cette histoire fut dévoilée sur le réseau internet, tout le monde s'affaira fiévreusement à chercher où pouvait bien être la fameuse clé en or massif. Ne me demandez pas où est la clé, parce que j'en ai aucune idée. Je suis pas Mère Thérésa.

Le lecteur doit prendre note qu'au moment de raconter l'histoire du Déluge, Script est bien fatiguée. Elle a une grosse sinusite qui dure depuis deux/trois jours. J'ai dit que pour retrouver la clé, il suffit de réinventer le monde ? O.K. Je suis d'accord. À moins que je n'écrive la suite de mon histoire un de ces jours ? O.K., si vous insistez...