Daniel Collins : Fairy with birds

Je crois que les fées existent réellement, et les lutins aussi. Comment je le sais, me direz-vous ? Parce que. Et aussi à cause de cette image. Tout le monde a vu une image comme celle-là un jour ou l'autre; donc, c'est bien la preuve que les fées existent. Oui, et j'ai bien d'autres preuves. Et la meilleure de toutes c'est que j'ai pu voir de mes yeux vu l'effet de leur passage dans ma vie.

La fée, pour être une vraie fée, doit ressembler à une personne ordinaire. Mais au lieu de me perdre dans une plate argumentation prouvant l'existence des fées par A + B, [on est cartésien ou on l'est pas, neh ?] voici une définition de Fée ou de Fairy, selon que l'on courtise la langue de Molière ou celle de Shakespeare, ou les deux, beurk [pas encore du bilinguizzzzme]. Définition :

Fée : Nom féminin désignant un être dont la recette secrète de fabrication a été perdue jadis, il y a fort longtemps. Cette recette avait été écrite dans un lieu que l'on a l'habitude d'appeler [encore en l'an 2001] : le Paradis Terrestre. Vous ne croyez pas que cet endroit a vraiment existé ? Moi non plus. Toujours est-il que c'est la première mère de toutes les fées qui vivait au Paradis Terestre qui avait trouvé la recette de la première Fée, accidentellement, un jour qu'elle discutait par e-mail avec son homme. Mais pour rendre justice à César, je dois dire que c'est l'homme qui ajouta le petit ingrédient qui fit Blink puis Bloom et puis Pif et Plouf et que la baguette magique se mit à lancer des tas d'étoiles au paradis. Peu après, les amoureux se sont rencontrés et entre neuf et dix mois plus tard, la première Fée était née.

Les premiers parents de la première fée qui vivaient ensemble au Paradis Terrestre étaient si heureux et fiers de leur découverte qu'ils notèrent la recette secrète soigneusement, puis ils cachèrent le cahier à reliure spirale [oui, oui, la recette était si longue à noter qu'il avait fallu les 300 pages quadrillées recto verso du cahier pour réussir à inscrire chacune des formules avec des cosinus et de pi et tout les x et les y et les multiples chaînes d'A.D.N. (acide désoxyribonucléique) bref, la recette.. vous me suivez toujours?] dans un coffre fort en métal anti-balles et anti-missiles qu'ils barrèrent à double tour avec une clé en or massif. Ouf.

Et puis un jour, des milliers d'années plus tard, une cyberdiariste bizarre répondant au pseudonyme de Script découvrit toute l'histoire dans le vieux journal intime de son arrière grand-mère amérindienne qui elle-même avait noté l'histoire à partir du journal intime de sa propre grand-mère qui venait d'un pays dont tout le monde ignorait le nom, mais c'était proche du Paradis Terrestre. Enfin, tout ça pour dire qu'à partir du jour où cette histoire fut dévoilée sur le réseau internet, tout le monde s'affaira fiévreusement à chercher où pouvait bien être la fameuse clé en or massif.

Le lecteur doit prendre note qu'au moment du Déluge la mère de la première fée qui vivait au Paradis Terrestre, dans son énervement, échappa la clé au fond d'une fosse avec vingt-huit lionnes affamées, quinze crocodiles, cinq dragons et deux loups des steppes. Pour la retrouver, il suffit de réinventer le monde. À moins que je n'écrive la suite de mon histoire un de ces jours ? O.K., si vous insistez.