Le journal me manque un peu. Oui. Lundi dernier, j'ai annoncé une pause. Parce que depuis quelque temps, je ressentais une certaine lassitude, le besoin de me reposer de l'internet, et l'envie d'aller jouer dehors, de vivre ma vie et mon amour et non pas de consacrer du temps à l'écrire ici. Je me disais que j'aurais probablement besoin du reste de l'été pour faire le vide [ou le plein?]. Et cela a mijoté dans mon esprit toute la semaine. Mais en me levant ce matin, j'ai découvert que la moitié de mon écran avait commencé à refleurir. Alors j'ai réalisé que j'avais une envie irrésistible de lâcher quelques mots débridés dans ces pages.

J'aime écrire le matin, et aussi le soir tard. Laisser parler des voix étranges et fantaisistes, un peu de poésie. Et des images.

Mon plus cher désir serait de laisser libre cours à l'étrangeté, à la beauté et à l'infini indompté des mots, du langage. J'ai souvent le sentiment que je n'y arrive pas. Mais si je suis molle, parfois, le plus souvent je mords dans la vie avec des mots fous. Alors je ne veux jamais abandonner ça : je veux vivre et mourir de faire ça, suer sang et eau pour écrire sur cet écran et sur du papier blanc.

Je me demande si les autres peuvent comprendre le plaisir qui naît de l'écriture. J'aime écrire et je veux dire tout, même l'absurde, les tabous. J'ai les mêmes peurs qu'avant pour ma vie et ma mort mais je n'ai pas peur d'écrire. Depuis peu, je n'ai même plus peur d'aimer. L'amour donne des ailes.

Ceux qui apprécient mon journal s'en fichent que je ne raconte pas tout de moi. Ils savent que je ne cache rien. Que j'écris comme je suis. Que le but de ce journal est d'écrire, d'abord et avant tout. Que ce sont les mots eux-mêmes qui transforment. Il serait vain que je répète ce que le lecteur ressent et peut écrire par lui-même. Je n'ai aucune idée cachée dans ma tête. Je cherche mais je n'en trouve pas. Ici, je ne règle pas des comptes avec mes semblables. Je veux juste écrire. Et je n'utilise pas mon écriture pour autre chose que ce qu'elle est.

J'écris essentiellement parce que j'aime ça. J'aime écrire et c'est une expérience formidable. Et pendant mes six mois d'écriture de ce journal, j'ai appris que j'aime écrire pour des lecteurs qui n'insistent pas pour en savoir plus sur moi par e-mails ou par des rencontres en personne. Je n'écris pas ce journal pour chercher des amis ou des correspondants. Je ne l'ai jamais dit, j'aurais dû le faire. Il faut savoir que je vis dans une bulle d'encre et que je rencontre qui je veux et quand je veux.

Voilà pourquoi je me permets de succomber à l'écriture et à la publication de la page 152 avec amours délices et orgues. Écrire un journal online, est-ce une maladie incurable ?