waterhouse

There she weaves by night and day
A magic web with colours gay.
She has heard a whisper say
A curse is on her if she stay
To look down to Camelot.
She knows not what the curse may be.
And so she weaveth steadily,
And little other care hath she,
The Lady of Shalott.
[Alfred Lord Tennison]

Jeudi soir, j'étais très fatiguée. Et hier matin, j'ai choisi de ne pas écrire mon journal pour récupérer un peu. Tant de choses à faire. Ce n'est pas grave, je me reposerai plus tard. Je reprends le clavier aujourd'hui, pour saluer ce nouveau matin. J'aime écrire une page quand la journée commence. Trop gourmande, je voudrais consacrer tout mon temps à l'amour et aussi, conserver la moindre trace du bonheur dans ces pages, ce qui reviendrait à écrire sans arrêt.

Il m'a dit que je n'avais pas le choix de l'aimer, que je n'avais plus le choix parce que lui il m'aime et que je suis bien obligée, maintenant. Je ne connais pas de plus douce obligation au monde : l'aimer lui, c'est boire à la meilleure des sources, c'est cueillir les plus beaux fruits et me laisser charmer par sa voix et ses mots, par son sourire et son regard limpide et pur. C'est un cadeau de la vie, du ciel et de la mer. Je suis reconnaissante pour l'affection qu'il me donne, pour son intelligence et ses mots et sa folie douce et pour tout ce qu'il s'ingénie à rêver pour moi et pour nous.

Au-dessus de nous, le ciel est bleu. J'ai choisi de tout lui dire. Pour moi, qui n'avais que mon journal papier pour seul véritable confident, ce ne fut pas facile les premiers temps. Il a fallu des mois avant lui ouvrir mon coeur. Et maintenant que je lui dis tout, même les moindres peurs, je crains de lui paraître faible, et je me dis tant pis, il doit connaître toutes mes vulnérabilités. Et je dois aussi connaître les siennes. Lui, il m'a toujours tout dit, depuis le premier jour. Il a le droit de savoir ce qui me fait hésiter, puis réfléchir et comprendre, pour mieux foncer ensuite. Face au monde extérieur, je suis comme lui. Je ne suis pas tout à fait apprivoisée et ne le serai probablement jamais parce que ce monde je ne l'accepte pas tel quel, alors j'écris, j'écris. Mais je ne suis plus seule. Avec lui, et les personnes qui nous aiment et que nous aimons, nous sommes comme un noyau au milieu d'un fruit mûr. Et tous ceux qui vivent l'amour vrai forment de telles cellules de vie et de sens. C'est ce que la vie offre de plus beau et quand on a la chance de découvrir ça, on a le devoir de le faire mûrir et grandir.

Je me sens bien. Le calme et la sérénité s'installent et depuis hier, deux nouveaux épisodes se sont ajoutés à l'histoire que j'écris. Je sais, j'ai pris du retard dans mon courrier, les emails s'empilent... et pas seulement ça. Hier matin il m'a offert La lune de lait (Les Innocents). C'est beau... c'est encore lui partout dans ces mots :

Le joli mal
La lune de lait
Post partum
Denoue le lacet
Faiseuse d'homme

Tant de nouvelles douceurs, de caresses musicales sortent de l'armure de mon chevalier : j'adore quand il me transperce ainsi, au saut du lit et qu'il me capture dans ma fragilité du matin. Il sait l'art de me faire vibrer.