134. rayon de soleil

alexander : a ray of sunlight

Le titre de ce tableau, du peintre anglais Alexander, est à lui seul un poème qui décrit mon réveil de ce matin. Dès 5 heures, les rayons s'infiltraient partout. Ciel lumineux, impossible de me rendormir. Je dis que c'est la lumière, la chaleur, je dis que c'est la fièvre d'écrire, je dis beaucoup de choses. Je crois que c'est le rayon de soleil.

Il y a quelques années, je me suis inscrite à des cours de yoga. Et j'ai aimé ça. J'en ai fait chaque jour et plusieurs fois par jour pendant presque un an et puis j'ai cessé de fréquenter l'atelier parce que je voulais continuer toute seule.

Et après, je n'ai pas vraiment continué. J'en faisais les jours de congé, pendant mes vacances, ou quand j'allais à la campagne.

Cet hiver, j'ai recommencé, mais avec un autre professeur, et chose étrange, j'ai retrouvé la même Salutation au soleil, les mêmes respirations, et la méditation. Le yoga n'avait pas changé.

C'est bon, la Salutation au soleil. Le corps s'élance comme une flèche sur un arc qui serait tendu vers le ciel; les bras se tendent et embrassent l'univers. Mais c'est une tension douce, chaque muscle travaille de concert avec les autres, en souplesse et en douceur. C'est le retour vers le centre de soi, la lente descente au sol, en se courbant jusqu'au moment où le ventre se dépose contre terre. Les positions alternent, à la recherche d'un équilibre, le corps cherche un point d'appui sur un, deux, trois puis quatre membres, loin et plus près, le bassin se cambre, descend. C'est aussi le lent déroulement en souplesse, comme un chat. Puis c'est la remontée vers le soleil où le corps se déplie pour se tendre de nouveau là-haut et embrasser encore une fois le monde. Avant et après : la position lotus. Respiration. Bien-être.

Je ne note pas tout, seulement quelques impressions après la séance de ce soir. Ce travail est corporel, sensuel. L'intellect n'y participe pas beaucoup. Je prends l'air avec mes narines et je l'inspire lentement jusqu'au fond du ventre. Certains jours l'air est rose ou bleuté ou même tout blanc, selon ce que la vie apporte de plaisirs ou de peines. C'est important de bien remplir tout l'espace intérieur. Parce qu'après, on laisse ressortir l'air au grand complet, en vidant chacun des « étages », du bas vers le haut. Ça ramène toute la lumière du monde à l'intérieur de soi. Je sais que je ferai du yoga toute ma vie, ça fait partie de moi. Ce n'est pas une servitude. Non. Simplement un désir d'occuper le centre de mes énergies, le milieu du corps.

Je crois me retrouver « au centre » quand j'écris le journal. Je suppose que le désir est la condition sine qua non de l'écriture, n'est-il-pas? Sinon, l'expérience n'est pas très viable. Elle peut être valable, et très intéressante, mais je ne discuterai pas de cela dans ce billet. Les motivations que chacun poursuit en écrivant un journal online sont très personnelles et cela ne me regarde pas. Cela ne regarde personne en fait. Personne d'autre que celui ou celle qui écrit. Et qu'on écrive pendant un mois, un an ou dix ans, ce n'est pas ce qui importe. Tout ce qui compte, c'est d'écrire.

Mon jeudi fut bien rempli. J'ai eu une belle conversation par e-mail avec Jack. J'espère qu'il écrira bientôt à Script. Mais il n'est pas obligé. Pour lui, qui a des millions d'autres choses à faire, je dis que ça ne doit jamais être une corvée d'écrire, mais un plus sur le manque.

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