Premier rendez-vous avec l'été ? c'est fait... cette nuit à 3 heures 38 !

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Voilà, l'été est arrivé cette nuit. J'aurais bien voulu aller l'attendre au coin de la rue pour lui donner un petit bisou, mais je m'endormais trop. Alors je lui ai donné rendez-vous dans le silence de mon coeur. Pour cela, je me suis couchée tôt avec mon beau livre de Maeterlinck, La vie de la nature (rien qu'en sous-titres ça donne : La Vie des abeilles, L'intelligence des fleurs, La Vie des termites, La Vie des fourmis). Bien sûr, je n'ai pas pu tout lire d'un seul coup hier soir. Trop de beauté et d'émotions, sans doute. J'aime le chapitre sur l'intellligence des fleurs. J'aime tout de ce livre : poésie, écologie, botanique, philo, tout.

J'étais contente d'avoir la compagnie de ce livre de Maeterlinck pour border la nuit la plus courte de l'année.

J'aime les moments comme ceux-là, qui sont comme des marques tangibles sur le calendrier du temps. Et pour fêter le premier jour de l'été, j'ai mangé mes tartines de baguette grillée et bu le café au lait bien installée sur la terrasse, à 6:30 heures du matin.

Et ce n'est pas tout, la journée est loin d'être finie, parce qu'elle, c'est la plus longue de l'année. Ça s'arrose, ça. Pour commencer, j'ai coloré et ajusté un peu le titre de ma page... puis j'ai trouvé une image de Médéole, aussi appelée : medeola virginiana, médéole de virginie, jamotte, concombre sauvage ou Indian cucumber-root. De la famille des liliacae (famille du lis).

Cette médéole a une histoire, comme toutes les autres fleurs. Pour commencer, disons que c'est une fleur sauvage qui pousse surtout dans les forêts : les érablières laurentiennes (Basses terres du Saint-Laurent, sud des Laurentides, Beauce, on en trouve jusqu'au Lac Saint-Jean et dans la région de Bonaventure). J'aurais pu dire qu'il y en a partout au Québec, mais pas vraiment.

La médéole est une plante dédiée à Médée. Dans mon petit guide sur les plantes sauvages, on raconte une petite histoire de Médée (comme quoi l'amour des fleurs mène à tout). J'ai envie de la raconter à mon tour, en résumant ce que je retrouve dans mon dictionnaire de mythologie, à la lettre M :

L'histoire de Médée se rattache à la légende des Argonautes. Quand les Argonautes ont débarqué pour conquérir la Toison d'or, ils se sont heurtés à l'hostilité du roi Aiétès, gardien du précieux trésor. Cependant, ils reçurent l'appui de Médée, la fille du roi, qui était tombée amoureuse de Jason.

Médée était experte dans l'art de la Magie. Elle donna donc à son amant un onguent dont il devait s'enduire le corps pour se protéger des flammes du dragon qui veillait sur la Toison d'or. Elle lui fit aussi présent d'une pierre, qu'il jeta au milieu des hommes armés, nés des dents du dragon : aussitôt les guerriers s'entretuèrent et Jason put s'emparer de la toison. Pour remercier Médée, Jason lui accorda le titre d'épouse.

La magicienne s'enfuit alors avec Jason et, pour empêcher Aiétès de les poursuivre, elle dépeça son frère Abysrtos, et elle sema ses membres sanglants sur la route. Arrivée en Thessalie, elle commit encore de nombreux crimes pour son mari. Et puis un jour, Jason en eut assez et il abandonna Médée pour Créüse, la fille de Créon, roi de Corinthe. Médée ne s'est pas laissée abattre pour si peu. Folle de rage, elle offrit à Créüse une tunique qui lui brûla le corps et mit le feu à tout le palais; puis, Médée égorga ses propres enfants.

Sa vengeance consommée, Médée s'enfuit à Athènes sur un char attelé de deux dragons ailés, et elle épousa le roi Égée. L'histoire ne s'est pas terminée là... Un jour qu'elle avait encore essayé de le tuer, Thésée en eut assez et il l'a bannie de sa vie. Alors Médée est retournée auprès de son père en Colchide et, selon une tradition, elle descendit aux Champs-Élysées où elle s'unit à Achille. Grosses journées que celles de Médée ! Fiouu...

Pour en revenir aux médéoles, il faut savoir que leur rhizome est délicieux, cru, et qu'il est croustillant comme le radis ou le concombre. Il a un goût très fin. On peut aussi le faire bouillir comme des pommes de terre ou le mariner. On peut cultiver les concombres sauvages au jardin, à l'ombre, dans un sol riche : il suffit de planter les tubercules...