112. arrête de délirer ok ?

« Mais surtout, n'aie pas honte ou peur. C'est interdit ici. Alors arrête de délirer ok ? »

la Poésie_Mucha

La muse qui préside à l'éclosion de mes rêveries diurnes et de l'écriture pour mon roman (ce qui dépasse le stade du gribouillage et de la rature) est de nouveau là, avec moi. Elle va rester cette fois, je l'espère.

J'ai encore un peu peur. Cette peur est probablement la suite de ce que mon corps vient de traverser. Il est 17h12, le vent est soudain devenu très fort et glacé comme en automne. Quand que pense que mes amis de Paris crèvent de chaud... Étrange tout ça. Ou bien je râle et renonce à comprendre le monde dans lequel je vis, ou bien je prends le taureau par les cornes et j'essaie de réfléchir. À l'envers. Penser à l'envers. C'est la seule solution.

Ceci fut la bonne idée de ma muse.

Le cheval aussi, mais ça, c'est une autre histoire.

Ce matin, ça n'allait pas. Je me sentais mal, molle, nulle. Alors j'ai dit à ma muse que je trouvais mon écriture banale et terne, surtout quand je glisse vers des éléments trop autobiographiques : ce ne sont que des souvenirs... et puis je me suis dit que j'étais portée à comparer mes écrits à ceux des autres, et forcément j'aime toujours mieux les autres. Il semble que c'est normal de douter de soi quand on écrit.

Là-dessus, la muse m'a sérieusement brassé la cage. Elle m'a rappelé que j'écrivais simplement, que c'est mon style à moi d'écrire sans fioritures, des choses simples. Elle m'a aussi fait remarquer que parfois je m'envole, que je m'égare. Que c'est ça aussi écrire : simple et multiple. Elle a dit : tu sais pertinement qu'on se trouve toujours moins bien que les autres quand on se regarde dans un miroir. Et elle a ajouté : regarde moi bien, tu vois comment moi, je suis belle, assise à ma fenêtre en train de réfléchir, tu aimes tellement coller ma photo dans tes pages. Eh bien, quand je me regarde dans la glace je ne me trouve pas belle. Moi, ça me fait ça, a-t-elle ajouté, et je crois que c'est pareil pour pas mal de gens. Et puis j'oublie assez vite mon image surtout si des gens sont contents d'être avec moi et qu'ils m'apprécient. C'est normal. Pour l'écriture c'est pareil, je pense. Si des gens lisent ton journal, c'est parce qu'ils aiment la façon dont tu écris. Toi, tu trouves peut être que les autres font bien mieux mais c'est le coup du miroir. C'est ce que je viens de dire. Je ne suis pas plus moche ou plus belle qu'une autre. Tu n'écris pas mieux, ni moins bien. Enfin peut être que si, mais quelle importance ? Donc tu dois dire « soit ». Tu dois avoir confiance en toi, croire en ta muse, et balayer tes appréhensions. Lâche tes mots comme ils te viennent et pas comme tu penses qu'ils devraient te venir. Pense bien au coup du miroir déformant. De soi même. Tu ne t'es jamais « brusquée » pour l'écriture ? Tu l'as toujours fait parce que tu en avais envie ? Tu n'as qu'à continuer. Mais surtout, n'aies pas honte ou peur. C'est interdit ici. Alors arrête de délirer ok ?

Cette muse est géniale.

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