110. l'orage

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En ce moment précis pendant que j'écris, un gros orage s'abat sur la ville, sur la maison, sur moi. D'habitude, je n'ai pas peur.

Sauf qu'aujourd'hui, c'est trop soudain, je ne m'y attendais pas. La pluie est glacée, pressée. Chaque grondement du tonnerre me fait sursauter, chaque éclair me transperce la vue et le coeur. J'ai peur. Une peur folle, que je ne veux pas raisonner non plus.

La raison prend toujours trop de place. Ne sommes-nous rien d'autre que « les bâtards de Voltaire *» ? Je boude la raison, je cède à la peur. Douce revanche. Inutile réaction. Je sais. Ce qui va en rester coulera dans les égoûts avec l'eau de cette pluie, quand l'orage sera terminé, calmé. Moi aussi.

Je ne suis qu'une araignée qui monte sur le mur. À quoi sert donc tout ce cirque ?

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Titre d'un livre de John Saul, Les bâtards de Voltaire, Éditions Payot, 1993.

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