103. peur de rien

J'aime de toute mon âme ce rêve qui me tient par la main jusqu'au bord de la nuit, sur la mer du cœur

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J'ai fait quelque chose contre la peur, je suis resté assis toute la nuit et j'ai écrit.

Ces mots sont de Rilke. J'ai écrit la page 102 la nuit dernière. Il était presque 2 heures. Pourquoi ? Peut-être parce que je ne dormais pas et que je ne voulais pas succomber à la fatigue. Parce que je voyais toutes ces images d'un lendemain possible et que je riais toute seule alors j'ai voulu le raconter pour faire rire ceux qui ont le courage de lire mes billets des jours de petits malheurs, des jours où la réalité me rattrape et m'empêche de rêver [Script fait ici une allusion discrète (sic) au Docteur Bistouri qui ne l'a pas encore convoquée pour sa chirurgie; ça l'angoisse, sauf qu'elle évite d'en parler, ça sert à rien d'en rajouter, se dit-elle]. Pas envie de m'analyser le fond de l'être dans ces pages. La vie quotidienne devrait pouvoir se maquiller, se parer de toutes les fantaisies. Pour le plaisir. Ou parce que.

Alors la courte projection d'un lendemain vite éjecté du réel ne se sera pas déroulée selon les fantaisies nocturnes de la narratrice essoufflée et échevelée. Ma journée d'aujourd'hui fut vraiment des plus douce et calme DLVV (dans la vraie vie). C'est vrai que mon dernier poisson mort est rouge hier. Non. Le rouge est mort.

J'ai reçu une lettre de Jack à l'aube. Je ne voulais pas la publier telle quelle car il me semblait que ça révélait trop. Et je ne veux plus «censurer» les lettres de Jack. Alors je lui ai dit de couper lui-même ce qui n'était pas public mais concernait exclusivement l'auteur de ce journal qui ne tient pas nécessairement à tout dévoiler de sa vie. Alors Jack a hésité, il a réfléchi, puis il m'a écrit : « de quoi as-tu peur? » Bonne question. À l'heure qu'il est, il dort probablement et il ne le sait pas, mais j'ai lu et relu et la seule réponse que j'ai trouvée c'est : « Je n'ai peur de rien. » Ce qui fait que la lettre du 17 mai ne sera pas amputée et jonchée de petits points entre deux crochets, et je la garderai dans ce journal, témoin des rêves et des impressions de la vie.

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Cet après-midi, j'ai dormi de 15 à 17 heures. C'est bon la sieste quand, avant, j'ai bien travaillé et que je suis contente. Musique ? Je n'écoute que les belles valses d'Amélie en boucle et presque jour et nuit depuis mardi. Cadeau magnifique de Jack. D'autant plus précieux cadeau que le CD n'est pas encore arrivé à Montréal. On m'a dit qu'il sera là en même temps que le film. Alors je serai au cinéma dès la première projection, dussé-je vendre ma dernière chemise. J'écris vraiment n'importe quoi. Je n'ai même pas regardé les horaires des cinémas. Je ne sais pas où ni quand, je ne sais rien. Je rêve encore. Mais j'irai voir le film. Parce que cette musique me colle trop à l'âme, alors il serait bon que je regarde ça de plus près. Je me demande bien comment Jack a pu deviner que ça me plairait autant.

Si j'ai répondu à sa lettre ? Pas encore. Ça mûrit.

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