Onze heures, dimanche. Je viens tout juste de me sortir du lit, et encore. Cela relève davantage de l'extraction forcée avec pinces de désincarcération. Je sommeillerai intérieurement, le temps d'écrire cette page et de la mettre en ligne. Après ? je crois que je dormirai encore un peu toute la journée. Parce qu'il y a des jours de sommeil et d'autres de veille. Et la veille, c'était hier. Jusque tard cette nuit, j'ai écrit un texte sur la mer. Le publierai-je sur le web ?

Non. Le texte en question ne sera pas logé dans le journal de Script. Pas que je veuille le cacher, mais parce que ce n'est pas sa place. Je souhaite voir surgir cette écriture sous une autre forme, dans laquelle je pourrai respirer mieux, et autrement. Avec le coeur ?

Et pourquoi laper doucement un deuxième café au lait ? N'avais-je pas souhaité dormir encore ? Phénomène étrange, ce café ne me réveille pas. Il prolonge l'état de léthargie. Aurais-je été piquée par la mouche tsé-tsé ?

On avait annoncé plusieurs jours de pluie. Erreur. Le soleil a repris sa place. Il a gagné la partie encore une fois.

Mon vieil érable aux branches encore dénudées il y a à peine huit jours est maintenant recouvert de feuilles et de « disamares » [est-ce bien le terme exact ?], des milliers de petites hélices qui vont bientôt se détacher de l'arbre et descendre en virevoltant jusqu'au sol... ce sont les fruits.

disamares