90. dimorphoteca sinuata

J'ai besoin de me mettre dans la peau de cette fleur :  reprendre contact avec l'authenticité et la pureté.

Question : Que faire quand une personne à qui l'on supposait des sentiments nobles se révèle lâche et égoïste ? Prendre note qu'à partir de maintenant, l'homme à qui je m'étais attachée perd son h majuscule.  Il a réussi à se minusculiser.

Réponse : Script le laissera s'étouffer tout seul sous son armure car c'est ce qu'il demande.

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Voilà ce qu'il m'écrivait hier soir : « Je suis en train de comprendre ce qui cloche chez moi : l'envie de contrôle, de ne pas m'attacher ou plutôt de ne pas faire d'effort pour continuer une relation. C'est sans doute un peu plus que le cantonnement dont je te parlais. Un ego démesuré qui exclut au lieu de s'enrichir [...] »

Pas besoin de tout raconter en détails. Il m'avait écrit il y a quelques jours qu'il avait peur de se brûler les ailes.  À cela j'avais répondu : « As-tu pensé que des ailes refermées ne sont pas plus utiles que des ailes brûlées? ».  Et c'est la réponse à cette histoire d'ailes qui m'a enfin ouvert les yeux sur la personne.  Dans mon courrier de ce matin, j'ai trouvé ceci : « La différence entre une aile brûlée et une aile repliée, c'est la douleur. C'est mesquin, lâche, terriblement bourgeois. Cela va à l'encontre de ce que peuvent penser les romantiques, les partisans d'un art torturé. Cela ressemble au dernier homme kantien décrit par Nietzsche.  C'est plus qu'une armure : un blindage, un scaphandre qui filtre l'air extérieure. »

On comprendra aisément pourquoi je préfère définitivement m'éloigner de « cela » et tourner la page.  Vivre intensément.  Savourer ma liberté. Accepter les inconforts qui viennent avec la vie, avec l'amour, c'est avoir la chance d'aimer et d'être aimé et de se réaliser.  Ce n'est pas l'amour ni la passion qui font mal, c'est l'étouffement par strangulation qu'une personne s'impose d'elle-même en voulant contrôler l'autre.  Aujourd'hui, je serai une Dimorphoteca sinuatapour toute la journée.  Indifférente à la plus minable bêtise humaine dans laquelle l'homme se drape pour échapper à ses angoisses existentielles : de la philosophie à trente sous.

Voilà qu'après m'être vidé le coeur dans mon journal, je pourrai retrouver ma légèreté et ma bonne humeur.  Ainsi je passerai une autre magnifique journée ensoleillée à écrire et à travailler sur ma nouvelle pige, l'Affaire Porc-Épic : un pur délice.  Et dire que je serai payée pour m'amuser à faire ce travail-là !

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