Depuis mercredi, il me semble que les questions qui concernent ma santé ont pris de la légèreté. Comme des voiles de bateau, elles se sont gonflées et pris le large.

Peut-être est-ce là un effet de la répétition générale improvisée qu'a été cette visite au docteur Bistouri. Faut avouer que ça m'a assommée avant de m'alléger.

J'avais préparé une belle page spéciale où j'écrirais un peu comme dans un weblog, j'avais demandé à Marjo de venir m'aider pour le ménage et la cuisine, au cas où.

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Finalement, j'avais informé quelques amis de ce qui m'arrive. Ouf. J'étais prête à suivre la route, envisageant le pire pour éviter les mauvaises surprises. Tout était planifié jusque dans les moindres détails. Et pour finir, je n'ai pas avancé d'un pouce. Cauchemar ? Oui et non.

Concrètement, ce qui m'allège c'est le fait d'être prête et d'avoir un répit. Le sentiment d'avoir échappé à quelque chose. Alors j'ai un immense besoin de « faire », ou de vivre, qui m'éloignerait de ce passé antérieur, et je n'arrive pas à mettre le doigt sur un désir en particulier. J'explore. Parce que je veux vivre ces deux semaines intensément, sans penser à ce qui m'attend. Sans rien anticiper. Jardiner ? Je le fais machinalement et ça ne me manque pas, ça ne m'absorbe pas à 100% non plus. Tremper dans mon bain ? Je le fais déjà die. Manger du chocolat ? Non merci : j'ai presque fait une overdose à Pâques. Ça suffit. J'aime les sucreries de toutes sortes mais je n'en fais pas une fixation. Écrire mon journal ? Un peu de sérieux, je l'écris une à deux fois par jour et ça ne me procure aucune évasion ni satisfaction intense. Prendre une brosse de deux semaines ? beurk. J'ai pas envie d'avoir les malaises du lendemain. L'amour ? Voilà la seule « activité » intéressante vu que c'est le printemps et caetera. Sauf que la seule personne avec qui cela me plairait de m'enlacer pour de douces étreintes et chuchotements n'est plus là. Recyclage d'un ami en amant ? Non. Sortir de mes archives un ancien carnet d'adresses pour retracer un ex-amant romantique ayant le profil requis ? Bien sûr que j'y ai pensé. C'est tentant. Sauf que je me souviens d'avoir tout brûlé dans un gigantesque feu de foyer qui me réchauffe encore rien que d'y penser. Je devais savoir que cette idée-là me sourirait un jour et je n'ai pas pris de chance. Il ne me reste plus qu'à envisager le recrutement [héhé] d'un nouveau « candidat à l'exercice ». Pas une mauvaise idée. Reste à savoir où dénicher l'oiseau rare [en voie de disparition?]... arf.

En attendant, le plus simple serait d'aller me ruiner dans une librairie. Et de faire une boulimie de lecture. Où donc ai-je mis ma liste de livres à acheter?