notes du mercredi 25 avril,

je me souviens
que « née sous le lys
j'ai grandi sous la rose »

et que mon pays
ne me ressemble pas

je me souviens
que j'en ai pas

j'ai la terre
et l'eau
et les oiseaux
et le bleu du ciel
les arbres
les poissons

je me coucherai
dans les branches
d'un chêne
sur un lit de roses
et de lys

et les yeux
dans le bleu du ciel
je m'endormirai

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le jeudi 26 avril,

retour à la case départ. le bistouri n'était pas au menu de la journée d'hier. je ne comprends rien à leurs façons de faire. le docteur bistouri n'a fait que m'examiner à la loupe et de tous bords tous côtés, lire et signer des papiers et il a dit : nous vous appellerons pour vous donner un rendez-vous en chirurgie. liste d'attente oblige.

coudonc, c'était pas là que j'étais, en chirurgie ? semble que non. je me trouvais seulement dans l'antichambre du docteur bistouri qui voulait me tripoter lui aussi. avant de passer à l'acte, ne faut-il pas poser quelques gestes en guise de préliminaires ?

au risque de me répéter, je constate que la vie ressemble de plus en plus au jeu de l'oie. gagné quoi ? deux semaines sur la même case.

le rire aurait, semble-t-il, des propriétés curatives. j'en redemande. chatouillez moi quelqu'un! des fois que ça ferait fondre la bosse.

merci à scrib pour son appel à la solidarité. si j'ai banni la majuscule et abusé de la minuscule, moi aussi, c'est pour exprimer ma gratitude à ceux qui ont minusculisé pour moi hier... vu que j'ai encore l'usage de mes deux bras, devrais-je apologiser ?

j'ai eu le temps d'y repenser. taper uniquement avec la main droite ne m'aurait pas privée seulement des majuscules et des guillemets ouvrants et fermants, mais aussi des points d'exclamation, d'interrogation, du signe de piastre, des parenthèses, des accents circonflexes et d'un tas d'autres babioles qui ponctuent. que faire sans les deux points et les apostrophes ? j'essaie à mon prochain billet ?

si les lecteurs ne craignent pas trop la contamination, je leur donnerais bien quelques bisous dans la plus pure tradition diariste pour les remercier.

oui, des bisous.

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21:38 : Sursis. Une journée à profiter du soleil, à essayer de travailler. Peu de résultats valables. J'ai préféré écrire quelques lettres. Lire.

En fin de journée, l'envie de ramasser les feuilles mortes dans le petit jardin, devant la maison. En-dessous, j'ai découvert plein de petites pousses vertes. Sans doute des graines de fleurs sauvages que j'avais semées l'an dernier et qui cherchent à revivre.

Les arbustes sont couverts de bourgeons. Les milliers de petits cocons pleins de circonvolutions vert tendre n'en ont plus que pour quelques heures avant de s'éclater en pleine lumière. Ils n'ont peur de rien. S'ils savaient la fin du monde qui les attend à l'automne, ou avant, décideraient-ils de naître quand même ?