Dorénavant j'écrirai sous le signe du coquelicot, bien cachée dans le bleu du ciel [Lady A.]

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Demain à l'aube, je rencontre la lame froide du bistouri. Brrr. Si elle ne charcute pas trop mon couvrez-ce-sein-que-je-ne-saurais-voir, je pourrai écrire correctement. Mais pas trop longtemps à la fois. Alors mes billets seront brefs et moins fréquents jusqu'à guérison complète et absolue de la chair adorée par l'homme et sa fiancée.

Par contre, s'ils me retournent dans mon home sweet home avec le bras gauche out of order pour quelque temps (je me suis documentée, héhé), je serai pas très virtuose sur mon clavier juste avec une paluche. Et je serai surtout pas en forme pour écrire.

Juste avec une main, finies les majuscules et adios à mes chers guillemets typographiques que je tape en même temps alt 174 pour ouvrir et alt 175 pour refermer.

Aujourd'hui, repos prescrit et méditation, sous le regard de Glooskap, prononcer[GLOUS-kahb].

Qui est Glooskap ? Tout sauf le pseudonyme d'un nouveau diariste pour qui j'aurais eu le coup de coeur ou mieux, de foudre, héhé. Voilà les images :

Dans une région appelée Terre de l'Aube (quelque part dans les Maritimes), Glooskap était un proche parent des Amérindiens de la tribu des Malécites. C'est lui qui avait préparé la terre que devait occuper son peuple. Il avait ensuite, m'a-t-on raconté, décoché des flèches sur des bouleaux et des frênes. Les hommes et les femmes seraient nés de ces arbres pour occuper la place qui leur revenait parmi les autres arbres et les cours d'eaux, les animaux et les plantes [et les fleurs de Script] ainsi que la multitude d'êtres peuplant ces lieux.

Les transformations de Glooskap, qui aurait délivré le monde du désordre, sont riches d'enseignements sur la perception qu'avaient les Malécites de leur relation avec le monde connu ainsi qu'avec le monde spirituel, invisible, dont ils connaissaient l'existence.

Les récits des exploits de Glooskap aident à expliquer le sentiment intense et sacré d'appartenance à la nature qui demeure profondément ancré dans la spiritualité autochtone.

On raconte aussi que malgré sa grande puissance, certains ennemis de Glooskap lui donnaient parfois beaucoup de fil à retordre, mais il réussissait toujours à vaincre les puissances maléfiques qui l'affrontaient. C'est pourquoi il a toujours été chaleureux et généreux envers eux. Glooskap a vaincu les forces du chaos et a ramené l'ordre dans le monde pour le rendre habitable. La parenté du peuple avec Glooskap confirme leur croyance sacrée, perpétuée depuis la nuit des temps, que la Terre de l'Aube, ou la terre qu'ils occupent, leur a été donnée. 

Le mot Maléciteou, en langue malécite, Wolastoqiyik [w'lahs-t'-GWI-ig] signifie : le peuple du beau fleuve car la nation Malécite occupe les bords du fleuve Saint-Laurent (dans les Maritimes, ils occupaient les rives du fleuve Saint-Jean). Entre eux, les Malécites se servent d'appellations qui veulent simplement dire «le peuple», ou «les Indiens». Par exemple en malécite on dit skicinuwok [ski-JI-nou-w'géé], dérivé d'une racine signifiant à la surface (de la terre).

Pourquoi ces images ? Pour méditer. Existe-t-il autre chose au-delà des limites de ce que nous pouvons percevoir avec nos cinq pauvres organes sensoriels ? Quelle est la nature exacte des interrelations entre les êtres humains ? Comment reconnaître les normes et les valeurs qui caractérisent une «bonne» vie? Que se passe-t-il une fois qu'on est mort ?

Vu que je suis une parente pas très éloignée de Glooskap, que je ne déteste pas la recherche ni la méditation et que de plus je suis patiente, je finirai bien par y voir un peu plus clair.