70. un conte [la 3e fin]

Le lendemain du lendemain du jour où Script reçut des dizaines de fins possibles pour le conte de la gardienne d'oies... Scène I, prise 3, clac

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Après avoir dégusté une autre fois les deux épisodes « fin du conte » écrits par Marylène (p.68) et Azulah (p. 69), hier soir, j'ai passé la nuit à rêver que mon prince charmant revenait à Montréal, et que pendant qu'on était dans la chambre bleue, occupés à se parler, la couette en duvet d'oie se déchirait. Alors, la pièce se remplissait de légères plumes blanches qui voletaient gaiment autour de nous, et cela suffisait à nous rendre très heureux. Il y a de ces rêves parfois qui font tellement de bien...

Alors, dès mon réveil, j'ai lu avec un grand plaisir cette troisième fin possible, qui est née sous la plume fertile de la Scribouilleuse.

Pendant que je travaillais, j'ai attrapé, en direct, la fin de l'émission à laquelle Scrib a participé en mars avec Jérome Attal et Philippe Lejeune sur France Culture. C'était diffusé ce matin à 11h00 ici et à 17h00 là-bas. En allant sur le site de Franceculture.com, on peut l'écouter en Real Audio. Ce que je ferai dès que cette page sera en ligne.

D'ici là, place à la magie et à la poésie de la Scribouilleuse:

« La fin de l'histoire version Scrib ;o) »

La Princesse vécut heureuse avec son prince...

...Jusqu'au jour où elle eut son premier enfant. A peine sa fraîche petite fille ouvrit ses poings tendres comme des boutons de rose que le Prince, son père, se fondit en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, dans le tableau du salon. Un peu rassuré de voir qu'il avait, fort heureusement, été peint sous la douce main de son aimée, il décida de prendre son mal en patience et de se laisser caresser jusqu'à la délivrance.

Le temps passa et les larmes de la Princesse ne tarissaient pas. Sa fille avait grandi et allait maintenant sur ses dix ans. Elle filait près de sa mère en ce beau jour de Mai et décida, lasse de voir sa chère mère pleurer, de laisser son ouvrage pour un autre bien plus utile. Son tambour à broder à la main elle se mit à coudre un mouchoir pour sa fête. Quelques jours plus tard, son cadeau ne la satisfaisait toujours pas. Elle le défit et le refit sept fois, se demandant ce qu'il manquait pour atteindre la perfection qu'elle désirait offrir à sa mère.

Elle descendit aux cuisines manger un peu de ce gruau qu'elle affectionnait beaucoup et puisa à la louche un grand bol de lait frais et crémeux dans le tonneau alloué à cet usage. C'est alors qu'elle entendit une voix sortir du tonneau : « Aide moi à m'échapper, petite fille, je suis prisonnière et je souffre de mille maux ! »

L'enfant qui n'était pas sotte demanda à la voix quel méfait elle avait commis pour y être enfermée. « J'ai pêché, grandement, mais cela fait longtemps, il y a prescription ! » répondit la voix. « Tu devais être bien dangereuse pour mériter un tel sort, tu dois connaître le pouvoir des enchanteurs ! - Il est vrai, reconnut la voix, flattée, demande moi ce que tu désires et je réaliserai ton voeu en échange de ma liberté. - Que faut il faire pour te libérer ?  - Juste vider ce tonneau et enlever ces clous qui se trouvent dans le fond »

La petite réfléchit. Voilà ma question dit elle : « Connaîtrais tu les fleurs préférées de maman ? » Un rire sarcastique s'éleva du tonneau. « Certes oui, petite fille, ta mère affectionne ces fleurs qui ont disparu de la surface de la terre et que l'on nomme Forget-me-not. Quel dommage que la clairière où elles poussaient ait été détruite ! Tu ne pourras jamais plus en offrir à ta mère ! Mais ta question a trouvé sa réponse. Libère moi maintenant ! » La petite rétorqua que les seuls clous du tonneau étaient les clous de girofle qui parfumaient son lait et qu'elle ne pouvait les enlever. Quant au lait, elle le goûtait trop pour vouloir le perdre ! Elle sourit en pensant : « Quelle vieille folle ! Si elle croyait m'agréer par sa demie réponse, elle se contentera bien de la demie mienne ! » et elle partit en pas chassés jusqu'à la chambre de sa mère pour reprendre sa broderie... « Puisque les Forget-me-not n'existent plus, pensa-t-elle, je vais les broder dans un coin du mouchoir, ainsi, jamais ils ne faneront et maman pourra les contempler pour son plus grand plaisir. »

Pour ses petits doigts quelque peu inexpérimentés, broder le coeur d'or du myosotis ne fut pas une mince affaire et la pauvre piqua par trois fois son petit pouce rose. A peine les trois gouttes de sang filial furent tombées sur l'immaculé mouchoir qu'on entendit un fracas dans le salon. La petite alertée par le bruit dévala quatre à quatre l'escalier du château et trouva, à sa plus grande surprise, un beau prince en train de s'ébrouer, sa cape pleine de petites plumes blanches.

«- Maman, maman, viens voir, il y a un ange dans le salon ! ! - Laisse faire mon oiselle, c'est à mon tour d'aller consoler ta mère.» dit il. La petite fille comprit et prit l'emplumé par la main pour le mener près de l'âtre où sa mère contemplait bouche bée le mouchoir brodé que sa fille, dans sa hâte, avait laissé tomber à ses pieds.  En entrant le prince n'eût qu'à faire un petit « signe » à la princesse pour qu'elle aille se blottir entre ses bras.

Après un frugal repas entrecoupé par les effusions de joie de la petite famille enfin réunie, le Prince et la Princesse se retrouvèrent au chevet de leur fille et son père lui chanta :

« À l'heure où toute forme est un spectre confus, 
Où l'horizon brunit rayé d'un long trait rouge, 
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge, 
Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit, 
Et que la luciole au clair de lune luit, 
Le grand cygne, dans le lac sombre où sous lui reflète 
La splendeur d'une nuit lactée et violette, 
Comme un vase d'argent parmi les diamants, 
Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments. »

Scrib'
aidée par le joli poème de Sully Prudhomme

 

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