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J'ai peur.  Je ne l'ai pas encore dit ?  Oui, j'ai peur.  Je suis même morte de peur.  Pour exorcicer les pensées sombres et la terreur, c'est tout ce que j'ai trouvé : dormir le plus possible.  Moyenne de 15 heures par jour pour hier et aujourd'hui.  J'espère en faire autant demain. 

Cet après-midi il a fait soleil.  Je suis pas sorti.  Dormi.  Hier soir j'avais un bon livre à lire.  J'ai pas lu.  Dormi.  J'ai pas encore sacrifié mon journal au sommeil.  S'il le faut, je le ferai. 

Rien d'autre que le sommeil n'a d'effet sur cette peur.  En ce  moment, j'ai envie d'aller me coucher.   Il est 19:52 heures.  Je sais bien qu'il est trop tôt.  Mais je dors debout.  Comme la femme sur l'image.  Pour ça que je l'ai choisie.  Et aussi à cause de l'oie.

La vie, c'est comme le jeu de l'oie.  Faut pas la prendre trop au sérieux.  Je suis en ce moment sur une case qui m'immobilise dans ma course.  Au lieu de me battre et de gesticuler pour rien, j'attrappe un coussin et je m'endors dessus en rêvant.  Je préfère être gardienne d'oies dans un conte merveilleux raconté par les frères Grimm et adapté par Script.

Il était un fois une vieille reine.  Son mari était mort depuis très longtemps, et sa fille était très belle.  Comme c'était la coutume dans les contes, on fiança la princesse à un beau prince d'un pays lointain.  Quand vint le temps du mariage, la vieille lui prépara plusieurs malles remplies de la dot royale : plusieurs pièces d'or, de la vaisselle précieuse, des objets décoratifs en or et en argent, des coupes et des joyaux à profusion.  Car elle chérissait son enfant de tout coeur.  Elle ordonna aussi à une de ses servantes de l'accompagner pour qu'elle puisse faire ce long voyage en toute sécurité.  Chacune d'elles reçut donc une monture.  Or, le cheval de la princesse s'appelait Falada et il savait parler.  Je le savais bien que les animaux parlaient avant l'Internet.  Donc, au moment des adieux, la vieille mère monta dans sa chambre, se coupa les doigts, et fit tomber trois gouttes de son sang sur un mouchoir blanc (pas un mouchoir en papier, non, un vrai mouchoir en lin brodé avec de jolis myosotis au coeur d'or sur chacun des coins) qu'elle remit à sa fille en lui disant : «Ma chère enfant, conserve-les bien, tu en auras besoin en route.» 

Mais ce voyage ne sera peut-être pas de tout repos pour la princesse.  Et son arrivée encore moins.  Un grand malheur la guette?  Croyez-vous que la servante va veiller sur elle, la protéger, ou bien lui faire la peau à la première occasion? C'est ce que nous saurons bientôt. 

Je m'endors trop pour continuer.  Je raconterai la suite demain matin, ou demain soir au plus tard.