Même pas eu besoin du dentiste finalement.  Comme quoi le mal physique ne résiste pas à un peu de chaleur.

À trop regarder à l'intérieur, je me noierais.  Je relis Le procès de Kafka depuis hier soir.  J'arrive à la fin du deuxième chapitre.  J'avais oublié que le matin de son arrestation, Joseph K. avait déjeuné d'une pomme et d'un verre de « bon vieux schnaps ».  Détail troublant.  Puis je sors marcher dehors.  Longtemps.

Le soleil a encore fait ressortir mes taches de rousseur.  Et le rose de mes joues.  Malgré tout. Malgré les pensées tristes. 

Je n'ai plus envie de rire.  Plus du tout.  Comme si, de la vie, le seul côté sérieux et noir s'agrippait à moi.  Ce n'est pas très agréable.  Mais ce n'est pas si désagréable non plus.  Tout ce soleil noir dedans, tout ce soleil jaune dehors.  Contraste.  Hier soir et ce matin, je n'ai fait que lire des mots et des phrases qui m'ont ouvert les yeux de force.  Un exercice de lucidité.  J'ai tout pleuré.  J'ai fini de rêver.

Et je suis revenue m'asseoir ici.  Pour écrire ce journal.  Pour travailler.  Pour réfléchir.

Je ne devrais pas écrire quand je suis aussi triste.  Je retournerai dehors, prendrai le chemin du gymnase pour un long bain sauna.  Puis ferai quelques longueurs de piscine.  Je ne connais rien de mieux contre les maux de ventre et de coeur.

Je refermerai définitivement cette page de journal du 27 mars 2001 sur l'histoire d'un homme et d'une femme qui s'éloignent l'un de l'autre, les ailes rongées par la peur.

Je pourrais écrire pendant des jours et l'histoire ne serait jamais terminée.  Alors je ne la terminerai pas.  Une peine d'amour est une histoire sans fin.  Je n'y ajouterai rien d'autre que ce dernier post-scriptum.