Je reviens au journal par pure envie de coller une jolie fleur sur ma page. Dans la marge, je le précise, et non pas en marge de mon histoire. La tradition des fleurs et de leur nom en latin se poursuivra malgré tout. 

Mais je fais erreur, ce n'est pas mon histoire ni même une histoire que je raconte. Je « me » raconte ? Non plus. Pas certain. J'écris un peu ce qui est mien, ce qui me touche (comme dans my life) davantage que raconter pour parler de moi (me ou myself). Est-ce que cela fait une différence ? Probablement. Écrire ce journal pour jeter un peu de lumière sur ce que je vis afin d'y voir plus clair. J'en reviens presque toujours à ça. 

Il faudra que je médite sur cette incapacité à manger quand ça ne va pas. Quand je suis triste, ou bouleversée par ce que je vois, ou vis. La misère, le malheur autour de moi. J'ai fait de la soupe, mais j'ai pas tellement envie d'en manger. Poulet et vermicelles. Les vermicelles longues. D'habitude j'aime bien la soupe aux vermicelles.

J'écoutais les Variations Goldberg. Cette musique, [je parle de l'enregistrement 1955 du pianiste virtuose et génial que je préfère : Glenn Gould] m'a toujours accompagnée dignement dans les grands moments, les moments privilégiés. Ou quand l'écrit s'impose et fait gonfler mon manuscrit de quelques pages, comme ce matin. Avec tout ce que j'ai « pondu », je peux bien prendre une courte pause. Pour ma fameuse soupe...