oiseauduparadis.jpg

[11:00]. Bien contente que la « fête des coeurs » soit derrière. Hier, j'ai passé par dessus l'événement.  Fait comme si c'était un jour comme les autres.  Pour moi, le 14 février c'est l'anniversaire d'une rupture, toute une.  Alors depuis cette année-là  je n'ai pas voulu laisser un homme m'approcher d'assez près pour me parler d'amour et me faire fluscher un lendemain de Saint-Valentin.  Voilà.  C'est dit.  Next.

Aujourd'hui, j'écris le journal d'une improductive.  Je ne suis bonne à rien faire.  Et je ne ferai rien, enfin, pas tant que je serai dans cet état-là.  J'aurais dû m'y attendre... car après avoir écrit sur mon roman hier, je n'y ai pas retouché.  Il devait en avoir assez d'entendre parler de lui, et il ne me dérange plus.  Ça va revenir, si je ne force pas l'inspiration.  Et puis moi, l'inspiration, je ne sais pas ce que c'est.  Écrire, c'est travailler avec un matériau qui s'appelle le langage.  Et prendre du plaisir à ce jeu.  Point.  Il n'y a pas d'ange ni de muse qui me dicte à l'oreille quoi écrire.  Ça, c'est de la bouillie pour les chats.  Les mots, les phrases, il faut les arracher au néant un par un et après, prendre le temps qu'il faut pour les tailler à la hache.  Après, les polir, les caresser et peut-être les contempler si la journée a été bonne.  Pas de cadeau.  Jamais.

Alors je me suis levée à l'aube et j'ai pris le chemin de la montagne.  Le soleil qui plombe sur la neige fondante a refait mes réserves de plaisir pour le coeur et pour le corps.  Je crois bien que je peux annoncer à mes lecteurs qui si la tendance se maintient, je serai pleinement heureuse avant que midi n'ait sonné.  C'est ça.  Voilà.  J'ai lâché un autre morceau d'intimité. 

En ce moment précis, je sors d'un long bain de mousse et j'écoute Norma.  Plus précisément  :  « Casta Diva », chanté par Maria Callas.  Cet opéra me bouleverse.  Je pourrais mourir en écoutant ça et ça me ferait même pas mal.  J'ai programmé le cd pour qu"il rejoue 30 fois.  Et j'en remettrai si j'en manque. 

Le bonheur avec mon métier, c'est la liberté d'horaire.  Je sais, la vie de pigiste n'a pas que des avantages, mais c'est ce qui me permet de consacrer du temps à ma propre écriture, ce que je ne pourrais pas faire sur le terrain d'un employeur.  Cela me donne aussi la chance de voir passer les instants magiques de ma vie, mes chers moments privilégiés.  Et d'être dans ma maison, de vivre dans un lieu décoré à mon goût à moi, mon nid. 

Bon, ça va faire les ma, mon, me... faut que je retourne à mon improduction.   Ah! Callas, tu me tues. 


[16:44]. C'est merveilleux, l'improduction.  J'ai encore écouté ma musique, puis mangé.  Ensuite, n'y tenant plus, je suis retournée dehors.  En marchant, la neige tombait des grands arbres et m'arrivait sur le nez.  Ça fondait en me laissant de petites flaques d'eau sur les joues.

Et tout ce soleil, aujourd'hui.  Il me semble que je le vois pour la première fois de ma vie.  En rentrant tout à l'heure, vers 14 heures 30, j'ai installé une chaise longue sur la terrasse et j'ai lu, bien emmitouffflée sous une vielle couverture de traineau, doublée de fourrure.

Qu'est-ce que je lis?  Je relis Mimésis, de Erich Auerbach, un livre sur la représentation de la réalité dans la littérature occidentale (française, pour ne pas la nommer).  L'intérêt de cette suite de textes c'est de suivre l'auteur  à travers les explications des oeuvres autant de Platon que de Stendhal, de V. Woolf que de la Bible ou de Cervantès.  En tout cas, pour qui aime la littérature, la table est mise.  Pour le grand service.  C'était comme si de grands tableaux de l'histoire littéraire défilaient devant moi, et je n'ai pas fini de déguster. 

Et puis je ne me sens même pas coupable de ne pas avoir touché à mes textes.  Pour un article, je suis au bord du deadline.  Pour le reste je peux encore négocier.  J'y arriverai.  J'aime bien produire à la dernière minute.

Je sais que ce que j'ai fait aujourd'hui, ça été de me nourrir, de refaire le plein d'énergie.  J'écrirai tout à l'heure, demain.  Je sais que mon improduction a travaillé pour moi.  Comme ceux qui mettent leur argent à la banque.  J'ai capitalisé avec les rayons du soleil et la neige fondante. 


[18:55]. D'après Littré, l'oiseau de paradis serait un oiseau des Indes à longues plumes effilées.  Il dit aussi qu'on nommait « oiseau de paradis », les plumes de cet oiseau que les femmes portaient dans leur coiffure. Mais Littré ne dit pas un mot sur la fleur.

Le Petit Robert ?  Lui aussi, il renvoie l'oiseau de paradis au paradisier, un oiseau (passereaux) de la Nouvelle-Guinée.

En attendant, on se calme, on veut juste savoir le nom latin de l'oiseau de paradis.  Et comme d'habitude, google.com a sûrement quelques mots latins dans son chapeau de magicien.

L'Oiseau de paradis, la fleur, est le substantif utilisé pour nommer autant le classique Stralitzia reginae d'Afrique du Sud, que pour différentes espèces de l'Heliconia des Caraïbes.

Bon, me voilà satisfaite de ce petit sprint-recherche improvisé.  Et si nous voulons essayer d'en faire pousser, des oiseaux de paradis, j'sais pas moi, pour la Saint-Valentin prochain par exemple (ne sont-ils pas gorgeous, comme dirait l'autre) nous pouvons aller sur le site où j'ai trouvé l'image, baobabs.com, ils vendent la semence.

C'est tout ce que je sais.  Coudonc, j'pense que je pourrais faire un petit bébé Lexique latin pour mes noms de fleur. Non ?