Un autre matin. Comme les autres? Non, pire. Pourtant, je vois du soleil s'infiltrer à travers les barreaux de ma cage. Cette nuit, je me suis métamorphosée en oiseau. C'est pour ça que Garf miaule comme un perdu.

Le chat a pas dû aimer que je fasse la grève hier. Il apprécie pas tellement les synonymes non plus. À part moi, qui est-ce qui gribouille sans arrêt, en s'accrochant sans vergogne à quelques synonymes ?

Que l'on ne se méprenne pas sur le but de l'exercice. D'abord, c'est pas un exercice. Ce n'est surtout pas une recette pour s'en sortir. Écrire c'est ne pas avoir le choix de faire autrement. Ceux qui peuvent faire autre chose que d'écrire sont bien chanceux, qu'ils le fassent. Mais quand on écrit qu'on est capable de se peinturer dans le coin de sa petite cage toute seule, sans pinceau, juste en tapant sur un clavier, on sait rien faire d'autre. On sait rien, point. On a pas besoin de savoir. Pas besoin, les autres vont s'en charger. Ceux de l'autre côté du pont.

Mon journal est tout sauf une forme d'écriture réparatrice comme disent les psy. Ceux qui y croient, tant mieux. Ce n'est pas moi qui m'opposerai à la folie ordinaire. C'est mon pain quotidien. Dans ce journal-ci, je n'écris pas pour guérir de quoi que ce soit. Mais pour agraver mon cas, creuser le plus possible dans mon obsession. Mes obsessions. Comprendre que les souffrances que la vie m'apporte si généreusement sur un plateau d'argent, j'en ai besoin pour rester en vie. Tout ce qui pourrait endormir le mal m'éloignerait de moi. Et je recommencerais à faire la grève. Script ne supporte aucune addiction sauf l'écriture.

Alors j'essaierai de faire comme hier, travailler encore dans le Lexique parce qu'il y manque plein de mots. Avec ça, essayer de boire un peu d'eau.

[J'ai révisé et corrigé cette entrée pleine de fautes et d'imprécisions vers 13:50]