crocus blanc

[07h30] J'ai plein de fleurs blanches dans les pensées ce matin à cause d'un rêve que j'ai fait cette nuit. Un rêve aussi tendre que la sève qui monte dans les branches rouges et sinueuses d'un érable au printemps.

Je manque encore de discipline. Les pages d'écriture griffonnées s'accumulent, s'empilent et vont même jusqu'à s'éparpiller et se battre pour avoir la meilleure place sur la grande table de travail en pin au milieu de laquelle trône l'ordi. Quel vilain nom pour mon écran magique, ma vitrine pleine de rêves. Je me mettrai à la recherche d'un pseudonyme pour lui. J'entends un solo de violoncelles.

Hier soir, j'ai commencé une relecture complète du journal de Katherine Mansfield, dans le but de rédiger un court essai. Lire aussi les livres et articles (mémoires, thèses?) concernant cette oeuvre. Si je ne peux rien y ajouter, je garderai mes notes par devers moi. Si par contre je découvrais que je peux développer par ma propre lecture des aspects qui sont demeurés dans l'ombre, j'oserai peut-être proposer le texte à quelque revue s'intéressant au journal d'écrivain. Nouveau projet, donc.

[14h50] De retour dans la chaleur de mon nid après une course qui a exigé une longue marche dans les rues glacées de la ville. Mon auto est enlisée dans le banc de neige depuis la dernière tempête. Trop paresseuse pour la dégager. Et aujourd'hui, je déteste l'autobus. Je marche, je marche. Quelques rares passants pressés. J'entends le bruit des voitures. Respire une odeur de gingembre à la porte d'un restaurant chinois. Des ouvriers transportent des matériaux énormes. Ailleurs, un parfum de cèdre. Une fine neige blanchit le ciel de ses milliers de petites étoiles floconneuses. J'ai les joues rouges et brûlantes. Il faut que j'écrive. Je reviendrai au journal dans la soirée. Promis.

[19h28] Encore brûlante. J'ai dû prendre froid. Ou bien j'ai trop chaud, ou bien je frissonne. Il fait nuit et le ciel est étrangement blanc, comme nacré. Dormir.