28 décembre,

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On fera bien de bien la boucler. L'année. Oui. Et le millénaire aussi, il faudra le boucler, puisqu'il aura expiré dans quelques jours. Mais comme je n'étais pas là...

Alors pour bien fêter l'événement, je me suis comportée en vraie paresseuse que je suis (on arrive doucement vers un portrait) toute la journée. Pas le choix car je n'ai rien à faire, je suis en vacances. Alors autant me liquidifier à travers les heures qui passent sans faire de manières.

En me levant, j'ai regardé dehors. Je me suis dit qu'il faisait bien beau, du beau soleil, mais avec la neige et le vent, l'air qui me venait de la fenêtre était glacial, alors ça a été vite décidé : je ne mettrais pas le pied dehors. Pas envie de geler tout rond.

Mais paresser, ce n'est pas aussi simple. Au minimum, il faut manger, donc cuisiner. Et après, laver la vaisselle, ranger la cuisine, prévoir le prochain repas, ensuite préparer les légumes, mettre la viande à mijoter ou la pâte à lever pour un gâteau. Tout un art que je n'ai pas le loisir de pratiquer quand je suis prise par le quotidien ordinaire.

Aujourd'hui, j'ai pris mon temps. Pour commencer, ce matin: des oeufs, de la baguette grillée, des confitures de fraises de l'été dernier et du café. Pour le dîner, une lasagne et un clafoutis aux abricots. Cela paraît facile, voire trivial.

C'est au contraire monstrueux. En ce moment, des milliers d'enfants meurent de faim à travers le monde. Et moi, je ne trouve rien de mieux à faire que de manger et d'écrire ce que j'ai mangé au petit déjeuner et au dîner. Un vrai scandale.

Je ne sais pas quoi faire pour empêcher les autres de mourir de faim alors je reste chez moi, je tremble de peur et j'écris. J'écris que je ne meurs pas de faim. Pour me rassurer? Non. Pour me faire chier. Je me trouve nulle de ne rien trouver de concret pour empêcher le massacre continu des petits et des faibles.

Comme si on était condamnés à être d'un côté ou de l'autre de la faim et de la pauvreté et qu'il n'y avait rien entre les deux. Rien que des montagnes de pourriture.