vieux cahiers

20 décembre 2000,

Bien.  J'aurai donc fait une troisième journée.  En principe, j'aurais quelque chose de neuf à dire, ni à raconter aujourd'hui.

Mais comme je n'ai rien de vraiment nouveau et d'époustouflant à vouloir savoir sur moi-même vu que je prépare Noël et tout et que je n'ai plus le temps ni l'envie de me vautrer dans mes humeurs joviales ou massacrantes et autres multidimensionnels états d'âmes, je vais prendre la question sous un autre angle. 

Je pourrais écrire ce que j'ai fait aujourd'hui, pour m'en souvenir plus tard.  On le sait, la mémoire est une faculté qui oublie.  La preuve, j'ai même oublié qui est l'auteur de cette dernière phrase.

Sauf que cela ne me passionne pas tellement de me consigner ou de figer ma journée dans un petit cadre que je ressortirais plus tard pour la relire et dire :  « Ah! oui, j'avais fait ça le 20 décembre 2000? » et ensuite, je me trouverais banale ou inintéressante, ou au contraire géniale?  Pas intéressée du tout.  Pas que je m'aime pas.  Bien au contraire.  Autant se minoucher devant une webcam et ne pas écrire un mot.  Plus payant.

Ou bien alors autant prendre des photos de son soi-même et les coller dans un cahier, et photographier aussi les gens que j'ai vus, les lieux où je suis allée et la nourriture que j'ai mangée.  Et ne pas écrire un mot.  Moins fatigant.  Peut-être plus payant itou.  Mais moins le fun.

Mon journal ne peut pas simplement jouer le rôle d'archive.  C'est ça, mais je veux plus.  Alors  je tiens un journal pour écrire quoi?  Ça commence à être le temps que je me pose la question.

Je ne crois pas non plus que je suis capable d'écrire une manière de série de lettres avec des bisous à la fin et des : comment ça va vous autres moi ça va... que j'enverrais à de supposés lecteurs virtuels que je ne sais pas si un jour j'aurais.  Ouf, que c'est donc compliqué de se cogiter le diarisme.  Ex-cusez la.