une réclusion qui s'achève

Je ne me plains pas du froid. Généralement. De la chaleur non plus. Je l'ai déjà dit, j'aime les deux. Je m'adapte, dénichant le plaisir partout où il se cache. Sauf qu'à -20, on gèle ? Non. On s'habille et on va dehors.

J'en ai profité pour m'acheter un autre chapeau ce matin. Magnifique. Bleu foncé, en tissus tout doux. Il descend sur mon front jusqu'aux sourcils et me cache les oreilles. Il a un rebord souple que je peux placer selon les besoins du moment. Abaissé tout le tour, on ne me voit pas les yeux : je suis mystérieuse incognito ; relevé en avant, bas en arrière : je deviens femme d'action ; un côté remonté et l'autre en bas : je me change en séductrice un peu coquine. Alors je le porte comment ? (ici, imaginer un petit machin pour faire voter le lecteur...)
(ajouter un petit miroir...)
(ou une photo de la diariste...)
Voyez ?

Déjà deux jours que je n'ai pas ouvert ce journal. Il me manquait. Écrire pour être lue me manquait. J'écris cela et je pense à mon roman dans lequel je viens à peine, il y a quelques semaines, d'écrire le mot - FIN- (comme au cinéma) et qui sera édité dans quelques mois [hope so]. Il rejoindra lui aussi des lecteurs. Et je ne minimise pas le plaisir que j'en ressentirai. Mais entre le lecteur du livre et le lecteur du journal online il y a un monde. En quoi je fais une différence? Aucune idée. Je crois que ça tient à une certaine illusion de communication de la pensé, de la présence à soi et au monde qui se trouve plus intense et pratiquement en simultané, sinon moins différée dans le temps que la lecture d'un livre. Et puis le contenu : dans le roman le lecteur se laisse transporter par la fiction et si ça fait écho, il se trouvera remué ou indifférent. Au mieux, il aura les larmes aux yeux. Tandis que dans le journal online, on s'attache à ce qui se dégage de la personne, des lieux et de la vie de tous les jours qui se dévoilent entièrement, autant dans ce qu'il y a de plus trivial que par son côté philo-poético-romantique spontané. Je n'en sais pas plus. Mon expérience du journal online n'a pas encore suffisamment subi l'effet retour du lecteur, dont plusieurs se plaignent, pour en savoir plus long (je n'ai jamais à date reçu de mails «vache», désobligeants, et je croise les doigts). Mais je me fie à ce qui se passe en moi quand je lis mes journaux préférés.

Hier, L. est passé. Nous avons parlé longtemps. Je sortirai bientôt de cette longue période de solitude, referai les contacts avec mes autres amis. Avec l'amour, si ça se présente. L. est bien le seul (et ceux avec qui j'ai échangé un peu par email) qui a pu se glisser dans ma vie d'ermite des derniers mois. Peut-être parce qu'il a insisté un peu. Et que j'ai apprécié.

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