Malgré tout, hier fut une excellente journée.  Et si je veux que ce dimanche rapporte autant de fruits, je ne m'éterniserai pas ici ce matin.  Il m'importe beaucoup de m'y retrouver, par contre. 

Pas seulement pour faire acte de présence.  Non.  Ce serait enfantin et terriblement puéril.  Pas pour saluer et distraire mes lecteurs non plus.  Je sais qu'ils n'ont pas besoin de moi pour ça. Quand j'écris ici, je n'écris pas une lettre, à personne. 

Je ne signe pas mes entrées.  Il n'y a pas d'adresse en haut de la page.  C'est voulu.  Une discipline pour demeurer centrée.  Garder le cap sur la voix intérieure qui me dit quoi écrire.  La voix n'est pas toujours là.  Souvent, elle n'est même pas là au moment où je m'assis devant l'ordinateur.  J'ai appris à ne pas m'en formaliser.  Je reste assise et j'attends.  J'écris quelques mots. Souvent, je les efface.  J'écoute en dedans de moi.  J'écoute attentivement.  Je sais que si je me mettais à écrire Salut, Bonjour, Vous allez bien, moi...et caetera, je dériverais vers des ailleurs où je ne veux plus mettre les pieds.  Je ne m'adresse à personne (en mots) dans ces lignes, je le sais bien à qui je m'adresse.  Je ne veux plus utiliser un seul adjectif non plus.  Bientôt je bannirai quelques adverbes.  Je commence à rayer les adjectifs à partir d'aujourd'hui.  S'il y avait moins de ces qualificatifs souvent trompeurs, la prose ne s'en porterait que mieux.  Et puis le temps presse. J'ai commencé à écrire à 09h41, je mettrai le point finalà 10h01.  Je me donne 20 minutes chaque jour.  Ce que j'aurai réussi à écrire pendant cette période allouée [?] suffira.  Si je veux dire plus, je n'aurai qu'à aller à l'essentiel. Voilà pour ce matin.  Il est 09h58.  Il me reste à rayer les adjectifs.  Si je n'ai pas terminé à 10h04, tant pis.