Mon petit poisson rouge est mort à 18h18 hier soir. L'éloge funèbre sera bref : « C'était un beau poisson rouge tigré noir. Point. »

Je soupçonne mon chat d'avoir donné quelques vigoureux coups de pattes dans le bocal l'autre nuit. Il a fait une gueule de coupable toute la journée d'hier. Renfrogné, le regard fuyant.

Fini de lire hier soir : Les derniers enfants de Schewenborn, de Gudrun Pausewang. De chez Casterman, en 1993.

Je n'ai pas poussé très loin ma réflexion à savoir si j'abandonnerai l'écriture du roman ou non. Je pense être rendue beaucoup trop loin pour reculer. Et cela même si ça devait être un Mémoire nul.

Je me sens un peu comme une boîte à musique. Une fois qu'on a remonté le mécanisme, il faut que quelqu'un de l'extérieur vienne refermer le couvercle sinon la musique ne s'arrête que lorsque le ressort est rendu au bout de son rouleau et que toute la pièce musicale a été jouée et entendue, jusqu'aux derniers petits clic clic, après la fin. Je jouerai donc ma mélodie jusqu'au bout je crois.

Ce matin je me suis levée tôt et j'ai écrit. Quelques pages sont déjà révisées et corrigées et j'ai relu attentivement les parties du texte qui accrochent. Je crois qu'il y a de l'espoir, que mon charabia pourra peut-être devenir lisible si je ne me prends pas trop au sérieux ! Ni au tragique. Ne pas perdre toute mes énergies à me déprécier, agir et je verrai bien après.

Il ne sera pas dit qu'Ariane Fabre tournera le dos à sa plus grande passion, l'écriture. Pas aujourd'hui, en tout cas.