Bien dormi, très bien même. Levée tôt, la tête encore pleine d'idées. Je donnerai à lire à A. la première partie du mémoire bientôt. Priez pour moi.

J'ai mangé des toasts, des bananes et du beurre de peanut, bu un café au lait bien mousseux pour déjeuner. J'ai bu un thé à la menthe avant de me coucher hier soir + levée dix fois pour faire pipi cette nuit

Bon. Toute personne qui lit ceci n'ignore pas que je lis beaucoup pour ne pas dire tout le temps. Une chose que vous ne savez pas pourtant c'est que je ne lis pas que des essais et des romans. Je dévore littéralement tout ce qui porte le nom de journal, de près comme de loin. À commencer par le Devoir quotidien, puis la Presse, et la Gazette, le Globe and Mail et le Daily News, le Monde et le Figaro et je vous passe le reste de la litanie des mauvaises nouvelles locales régionales nationales et mondiales indigestes. Mais là j'exagère et je m'égare un peu.

Tout ça pour dire que dès que mes journaux sérieux sont digérés, j'ouvre les journaux intimes du Web. C'est là que je me régale le plus en fait. Cette littérature me plaît, j'en suis droguée complètement et définitivement. Un bon matin quand j'aurai le temps je reviendrai sur le pourquoi de cet engouement pour le journal intime qui ne date pas d'hier. Ce qui m'importe aujourd'hui c'est de pérorer [oui oui] un peu sur la venue au monde de mes coups de coeur.

L'idée m'est apparue en ce beau matin du dix-huit octobre de l'an 2000 comme une révélation. Attendu un peu avant d'en parler - j'ai dû être influencée, mais comment ? et par qui ? je n'en ai pas le moindre souvenir...

L'idée, donc. Chaque jour, j'élirais un coup de coeur, i.e. j'annoncerais quel est mon journal préféré, mon fétiche de la journée, ma passion du moment celui qui m'a fait tomber à genoux, craquer pour lui. Je vous entends déjà me dire : « Diantre, un par jour, elle va en manquer avant longtemps... » Oubliez ça, j'ai pensé à tout.

Règle numéro un : le droit ultime d'élire le même journal plus d'une fois dans la même année diaristique qui dure elle aussi trois cent soixante-cinq jours. Facile me direz vous. Nanananan. La lectrice boulimique, gourmande et gourmet[te] se métamorphose à ses heures en belette. Beau temps mauvais temps je partirais en chasse pour faire de nouvelles découvertes et croyez-moi le ciel est ma limite et je parcours quotidiennement plusieurs continents si ce n'est la terre entière. Mais pourquoi vouloir rendre publiques les préférences d'Ariane ? À la limite on s'en fout, pensai-je. Pfft, pas tant que ça me dis-je, alors voilà mon argumentation :

Argument 1 : chaque diariste n'a qu'un tout petit bassin de lecteurs.

Argument 2 : chaque diariste lit en moyenne les mêmes dix à quinze journaux online par jour parce qu'il n'en trouve pas des meilleurs. La preuve en est dans les écrits des diaristes eux-mêmes qui n'arrêtent pas de chialer et râler contre les autres [y sont déprimés, y font des fautes, y parlent de leurs céréales le matins, y sont têteux, y sont nombrilistes, narcissiques, égocentriques] et quoi encoure ? -- et si moi je vous dis que j'aime ça et qu'ils ont le droit de publier ce u'isl veulent et comme ils le veulent car c'est eux autres qui écrivent bon et foutez-leur la paix ; et ils vous le disent bien d'eux-mêmes d'une seule voix si vous m'aimez pas me lisez pas mais ça règle rien le chat se mord la queue encore une fois parce que le diariste se meurt devant ses statistiques qui baissent et... et il n'est rien sans ses lecteurs -- mais il se trouve que les chialeux ont un petit goût de revenez-y, ils en redemandent en pleurant.

Argument 3 : qui découle du précédent. Le diariste moyen ne cherche pas ou il ne sait pas que la manne [lire, le lecteur] est toute proche de son écran comme le Devoir qui atterrit sur le pas de ma porte à 6h00 tous les matins, on a qu'à se baisser pour le cueillir tout chaud sorti des presses. Il faut donc une manière de livreur pour le journal intime. Mon hypothèse c'est que le meilleur endroit pour en trouver un c'est quand on en lit un. Le diariste ne peut pas s'empêcher de parler de ce qu'il lu, découvert.

Argument 4 : je prends officiellement position et engagement de ne jamais dénigrer un- diariste-en-général dans mon journal pour dire que je n'aime pas ci ou ça mais de faire savoir les coordonnées de ceux que j'aime et un peu le pourquoi en bref ce qui me permet d'être plus critique et sélective et de mieux me connaître. Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es.

Argument 5 : il suffit de faire des liens pour que les rouages de la machine baignent dans l'huile. Je serai celle qui ensorcelle et qui fait de la pub gratuite aux diaristes qui sont élus par son coeur dussé-je fouiller la terre entière pour en trouver. En français, anglais ou espagnol vu que ce sont encore malheureusement les seules langues que je peux décrypter. Si on ne connaît pas la langue on n'a qu'à regarder les images et cliquer sur les liens, c'est fou ce qu'on peut trouver des fois. Mais ne perdons pas l'espoir, j'apprends le russe, le japonais, l'italien, le sanskrit et je passe le reste de l'énumération pour prévenir un endormissement subit de mon abondant [sic] et fidèle lectorat.

Et pour la suite du monde si chaque diariste faisait pareil avec ses goûts à lui imaginez ce que ça donnerait comme bassin de lecteurs pour chacun. Mais ce n'est pas l'objet de la question [?]

Que l'on oublie tout ce qui précède si on n'est pas intimement persuadé que le journal intime online c'est le témoin ultime de toute la beauté et la richesse du monde à portée d'un clic. Je suis très sérieuse même si je prends le temps de rire... de moi en premier. Égoïste va !