08h30 : Aujourd'hui, grosse journée en perspective. Celle d'hier fût glorieuse pour le travail d'écriture. Je creuse davantage dans mes obsessions et ça prend forme, toujours les mêmes 58 premières pages donc, et je continue tout à l'heure. Côté coeur, c'est un peu moins glorieux. On commence à crier famine.

Je reprends contact avec cette partie de moi qui a déjà su instinctivement que le sexe est nécessaire pour écrire, et vivre. J'ai parfois nié cette réalité pour accepter le monde qui m'entoure sans remettre en question les théories fumeuses là-dessus. Je ne suis pas un poisson rouge. M'ouvrir les yeux. Me rendre compte que le puritanisme est revenu en force quoique de façon beaucoup plus insidieuse. C'est l'hypocrisie, pire que du temps des catholiques priez-pour-nous. Non, je ne ferai pas partie de la sainte caste qui tait la sexualité les yeux en coin, drapée dans son mépris.

Mais qu'est-ce que j'essaie de dire moi avec ce petit discours qui avance sur trois pattes ? Juste que j'ai besoin de voir mon chum. Que j'ai encore succombé et téléphoné deux fois hier. Que je ne crois pas qu'il n'était pas chez-lui. Que je sais qu'il est malade, mais pas à l'article de la mort, il pourrait au moins me dire deux mots, un petit bonjour. Que j'ai de la peine autant que je suis en colère. Que j'ai écrit hier soir dans mon journal papier que je tirais définitivement un trait sur cet amour faux et mort. Qu'il faut pour passer à l'acte que je l'écrive ici aussi. Que j'arrête de me raconter des histoires. Que je re-rupture et pour la dernière fois. Il aura beau dire qu'Ariane manque de maturité, je répondrai, so what. Que je n'ai plus de chum.

Promesse solennelle : aujourd'hui, libérer intérieurement toutes mes énergies vers une nouvelle relation amoureuse, une vraie. Laisser G. à son monde. Pour moi, il n'aura été et ne sera jamais que l'éternel mari d'une autre. Moi, j'ai la [mémorisa] d'un ancien 5 octobre.