à 9h30, un mardi matin

Enfin ! Il fait gris, je planterai les bulbes de tulipes tout à l'heure, juste avant la pluie.

Mardi matin, neuf heures et demi. Je suis très contente de ma journée d'hier. J'ai réussi à m'extraire de l'écriture du journal pour réviser les 25 premières pages de mon manuscrit. Et après cette note, je saurai mieux me discipliner à la réécriture/révision de la suite. C'est bon, je me suis remise au travail.

D'un autre côté, je ne suis pas très fière de moi ; je devais remettre les cent premières pages de mon Mémoire à mon directeur de maîtrise aujourd'hui, mais elles ne sont pas prêtes. Je n'en ferai pas une maladie, lui non plus. Je lui téléphone, il va comprendre. J'ai pris du retard à cause de ce que je suis en train de faire ici, comme une nouvelle phase de la maladie ! Comprendre quelque chose à cela ? J'ai voulu insérer, dans ce travail, cette petite enclave qu'est le e-journal intime parce que l'écriture du Mémoire et de ce roman m'éloignent trop de la vraie vie. Quand je viens écrire dans ce journal, j'arrive tant bien que mal à me grounder, et beaucoup plus efficacement qu'avec le journal papier. J'écris encore dedans, lui, mais c'est plus pour les rêves, pour les embryons d'écriture du roman ; c'est là qu'ils naissent, là que je fly le plus haut, le soir dans mon lit. Et avec mon carnet [memoria], les remontées dans le passé combleront le besoin de retourner dans la mémoire sans y laisser ma peau, une simple transcription, j'archiverai. Ce n'est pas de l'écriture. Je vois se dérouler ce que fut ma vie, et je la recopie. Ainsi se construira lentement mon dossier sur le temps, j'y réfléchirai après. Je veux le faire sans émotion, comme dépossédée de ce qui fut moi. Indispensable dessaisissement qui libérera, j'espère, de l'espace pour le jeu de l'autofiction.

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