la mort est une histoire à dormir debout

Alice me racontait toujours de histoires étranges, bizarres. Des histoires à dormir debout, mais néanmoins des histoires vraies. Absolument véridiques et vérifiables, qui étaient arrivées à du vrai monde, disait-elle.

Où elle allait chercher tout ça ? La plupart du temps, les histoires lui étaient racontées par des amis, disait-elle, des amis qui les tenaient eux-mêmes de leurs amis, ou des amis de leurs amis. Plus rarement, elle les trouvait dans les journaux et magazines. Elle n'était jamais à court de nouvelles histoires. J'adorais l'écouter raconter, jour après jour.

Mais à un moment donné, la voilà qui s'est mise à m'en dénicher encore plus. Elle voulait à tout prix que je les écrive. Et peu à peu j'ai commencé à me laisser tenter : ça serait drôle, tout un livre écrit avec les histoires d'Alice. J'ai commencé à jongler avec l'idée. La belle Alice se sentait l'âme d'une mentor. Elle cherchait toujours à aider les autres à réaliser leurs rêves. À développer leurs talents.

Elle veut à tout prix être ma bonne fée ? me dis-je un jour. ok. J'ai acheté un cahier. J'ai commencé à prendre des notes. Peu de temps après, on lui a diagnostiqué un cancer. Phase terminale. Elle est morte en moins de trois mois. J'ai fermé le cahier. N'y ai plus jamais retouché.

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